Montréal après une impulsion EMP : chronique d’un effondrement fictif

Par Le citoyen prévoyant - Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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Montréal après une impulsion EMP : chronique d'un effondrement fictif
Montréal après une impulsion EMP : chronique d'un effondrement fictif

Note éditoriale — Fiction pédagogique
Le récit qui suit est une fiction. Les personnages, les événements et la chronologie sont inventés. Ce scénario s’appuie sur des données documentées concernant les effets d’une impulsion électromagnétique (EMP) de grande ampleur sur les infrastructures modernes — réseau électrique, communications, transports, systèmes d’eau — pour explorer de façon narrative ce que la préparation citoyenne signifie concrètement dans la durée. Les références scientifiques et institutionnelles utilisées comme base factuelle sont listées en fin d’article. Une section de leçons pratiques suit le récit.

Une impulsion électromagnétique de grande amplitude — qu’elle soit d’origine solaire (comme l’événement Carrington de 1859) ou artificielle — est considérée par les spécialistes de la résilience des infrastructures comme l’un des scénarios de rupture les plus documentés et les moins préparés. Ce récit explore, en cinq phases sur vingt-quatre mois, ce que vivrait une famille montréalaise dont l’un des membres avait développé une autonomie douce avant l’événement.

I. Le monde tel qu’il était (J-1)

Montréal, 14 juin.

L’air sentait encore le lilas, celui des clôtures mal taillées du quartier Rosemont. Le printemps touchait à sa fin, et avec lui, cette espèce de légèreté urbaine propre aux Montréalais lorsqu’ils sentent l’été arriver. Les terrasses étaient pleines, les vélos slalomaient entre les piétons distraits, les enfants jouaient dans les ruelles, pieds nus sur l’asphalte encore chaud. Rien ne laissait présager ce qui allait suivre.

Julien, 38 ans, père de deux enfants, vivait avec sa conjointe dans un triplex centenaire à deux étages, non loin du parc Molson. Ancien technicien en systèmes embarqués, il travaillait désormais comme formateur en électronique dans un cégep de l’est de la ville. Il n’avait rien d’un survivaliste caricatural. Mais depuis quelques années, il avait lentement basculé vers ce qu’il appelait une « autonomie douce » : filtre à eau Berkey, potager sur le balcon, petits stocks de conserves, une radio VHF dans un tiroir, et une génératrice à essence bien planquée dans la remise de la cour.

La veille encore, il testait ses lampes à dynamo avec ses enfants. Un jeu, en apparence. Mais au fond, Julien n’aimait pas ce qu’il voyait défiler aux nouvelles. Et même s’il avait appris à faire le tri entre l’alarmisme médiatique et les vrais signaux faibles, cette fois-ci, quelque chose le troublait.

Un article en bas de page, passé inaperçu sur le site de Radio-Canada : « L’armée canadienne observe des activités orbitales inhabituelles ». Satellites géostationnaires russes qui dérivent. Un rapport confidentiel du NORAD ayant fuité sur Reddit. Un autre, encore plus anodin, sur des perturbations électromagnétiques dans le réseau Hydro-Québec, mises sur le compte d’éruptions solaires « mineures ». Julien avait froncé les sourcils. L’activité solaire n’était pas si forte ces jours-ci, il le savait. Il surveillait régulièrement SpaceWeather.com.

Le soir, pendant que les enfants dormaient, il avait fait défiler les fréquences de sa radio VHF. Silence. Il avait mis à jour une de ses listes de contacts d’urgence. Il n’était pas inquiet — pas encore — mais une inquiétude sourde, inexplicable, s’était insinuée dans son corps comme une tension électrique statique. Ce n’était pas la peur. C’était une intuition.

Sa conjointe, elle, n’y prêtait plus attention. « Tu t’en fais trop », disait-elle avec un sourire affectueux. « Encore un rapport d’analyse de risque qui t’a excité ? »

Peut-être. Peut-être pas.
Mais ce soir-là, Julien avait quand même remis deux bouteilles d’eau supplémentaires sous l’évier.

Il ne savait pas que le lendemain, à 5h14, le ciel de Montréal s’illuminerait comme un lever de soleil sans chaleur, et que cette brève pulsation lumineuse silencieuse effacerait en une fraction de seconde deux siècles de technologie.

II. Phase 1 — Le choc (Jour 0 à Jour 3)

Jour 0 — 5h14

Le monde s’est figé à l’instant même où il s’est illuminé.

Julien s’est réveillé, d’abord parce qu’un souffle de lumière blanche avait traversé sa chambre comme une aurore anormale. Silencieuse. Une lumière crue, irréelle, sans source identifiable. Elle n’avait duré qu’une seconde. Pas de bruit. Pas d’impact. Juste un éclat dans le ciel, et une impression d’étrangeté.

Le silence ensuite. Trop pur. Pas de ventilation. Pas de réfrigérateur. Pas de radio-réveil qui bipait. Il se leva instinctivement, vérifia son téléphone. Écran noir. Il essaya de l’allumer. Rien. Il se dirigea vers le salon, alluma l’interrupteur. Aucun courant. Il descendit les escaliers à la hâte, essaya l’interrupteur général du panneau électrique. Aucun déclic.

Julien comprit en quelques secondes ce que d’autres mettraient des heures à deviner : quelque chose d’énorme venait de se produire. Il alluma sa lampe dynamo. La diode verte brillait faiblement. C’était un bon signe. Mais en sortant dans la rue, c’est là que le choc se propagea dans sa chair.

Des dizaines de voisins, en pyjama, se tenaient dans l’allée centrale. Des voix basses, des regards vers le ciel. Une vieille voiture, une Civic 2001, descendait lentement la rue, moteur toujours en marche. Tous les autres véhicules, même récents, étaient immobiles, capots ouverts. Certains klaxons bloqués, d’autres morts, comme si l’électricité avait été aspirée hors du monde.

Au loin, aucune sirène. Aucune voix de radio. Juste le bruit des pas sur l’asphalte, comme dans une ville fantôme.

Julien prit son vélo — un vieux modèle sans composant électrique — et roula vers le Mont-Royal, là où le réseau cellulaire avait normalement la meilleure réception. Rien. Son talkie VHF ne capta que du grésillement. Même sur les canaux de secours. Il descendit jusqu’au boulevard Saint-Laurent. Montréal, ville toujours vibrante à l’aube, était muette. Des gens sortaient de chez eux, à pied, regardaient le ciel avec incrédulité.

Jour 1 — 15 juin

Le blackout avait officiellement commencé. Plus de métro. Les stations-service fermées, portes verrouillées. Les épiceries restaient ouvertes « manuellement », acceptant encore l’argent comptant. Julien acheta deux sacs de riz, du beurre d’arachide, des œufs — tout ce qu’il pouvait porter sur son vélo. Il avait assez de réserves pour deux mois, mais il savait que l’essentiel n’était pas seulement de survivre. Il fallait observer les autres, anticiper ce que la masse allait faire.

Et la masse paniquait doucement.

Des rumeurs prenaient le relais de l’information. Un vieux transistor bricolé capta une fréquence AM parasite, probablement de la frontière américaine : «…possible attaque… défaillance généralisée… pertes majeures… rester calmes…». Cela suffit à faire grimper la tension d’un cran.

Jour 2

Julien réunit sa famille. Il leur expliqua, avec le calme d’un homme qui s’était préparé sans jamais espérer avoir raison, qu’il ne fallait ni fuir, ni attendre les secours. Il fallait tenir. Il sécurisa les portes, organisa un inventaire. L’eau coulait encore aux robinets — pour combien de temps ?

Le quartier, lui, changeait d’atmosphère. Une voiture avait été poussée dans une vitrine. Un jeune homme avait frappé un caissier pour une boîte de conserves. Les autorités ? Absentes. Pas de patrouilles. Aucun représentant officiel n’était venu. La ville s’était vidée d’instances.

Jour 3 — Point de rupture

Dans une station-service de la rue Beaubien, des dizaines de personnes faisaient la queue, bidons à la main. Mais aucun appareil pour pomper, aucune pompe à main. Une dispute éclata. Deux hommes en vinrent aux mains. Un troisième sortit un bâton.

Julien observa la scène à distance. Il comprit que la rupture sociale était amorcée. Pas encore le chaos, mais la perte des repères. Il rentra chez lui en silence, passa devant une vieille voisine qui l’interpella. Elle n’avait plus d’eau. Il lui donna une bouteille.

Ce soir-là, en allumant sa lampe dynamo, il grava une phrase dans son carnet :
« Ce n’est plus un incident. C’est un monde qui se redéfinit. »

III. Phase 2 — La descente (Semaine 1 à Mois 1)

Semaine 1 — L’immobilité comme fracture

Montréal ressemblait désormais à une ville muséifiée, belle et intacte, mais sans vie fonctionnelle. Les voitures restaient là où elles étaient tombées en panne. Les lumières ne s’allumaient plus. Les ascenseurs s’étaient figés dans les tours. Les commerces avaient fermé les uns après les autres, faute de produits, de sécurité, ou d’espoir.

Julien, sa conjointe et leurs enfants avaient adopté un rythme presque monastique : lever au lever du soleil, corvée d’eau, repas strictement mesurés. Il avait installé un système de récupération des eaux de pluie à l’aide d’une toile et de vieux bidons de plastique. L’eau courante fonctionnait encore de façon sporadique, mais des rumeurs circulaient : les pompes de la ville tiendraient encore « quelques jours, peut-être deux semaines au plus ».

Il filtrait l’eau avec soin. Chaque litre devenait un trésor.

Les réseaux d’égouts, eux, montraient des signes de tension. Des reflux dans les drains, des odeurs d’égout dans les cours arrière. Sans pompes électriques, les stations de relevage s’engorgeaient.

Semaine 2 — La société parallèle naît dans l’urgence

Julien constatait que le quartier commençait à s’organiser… ou à se désagréger.

Une école primaire avait été transformée en point de rassemblement informel. Des familles y campaient. On partageait des nouvelles, de fausses informations, parfois de l’espoir. Ailleurs, on fermait les volets, on accumulait, on craignait l’autre.

Julien prit l’initiative de contacter ses voisins immédiats. Sur 23 logements dans son quadrilatère, 12 familles acceptèrent de se regrouper pour partager ressources, veiller la nuit, s’échanger des savoirs. Un retraité connaissait la plomberie, un autre avait été militaire, une femme avait une trousse de premiers soins avancée.

Leur groupe improvisé établit des rôles : deux tours de garde chaque nuit, inventaire commun des réserves alimentaires, et un protocole simple d’alerte (sifflets, lanternes rouges). On installa des barricades légères dans les ruelles et des cordons de surveillance entre les rues.

Semaine 3 — La peur change de visage

Les premiers signes de violence de survie apparurent. Une pharmacie fut incendiée dans Hochelaga. À Outremont, un immeuble en copropriété avait été attaqué pour ses réserves. Des coups de feu isolés furent entendus la nuit, mais l’origine restait incertaine.

Julien et sa famille commencèrent à dormir dans le sous-sol. Il avait renforcé les fenêtres avec des barres de bois, des vis traversant les cadres. Le bruit le plus anodin — une bouteille qui roule, un coup dans une porte — provoquait une montée d’adrénaline.

Un soir, un incendie ravagea un triplex à deux coins de rue, causé par un réchaud à l’alcool laissé sans surveillance. Trois morts. L’un d’eux n’avait que six ans. Personne ne viendrait chercher les corps.

L’État s’était retiré sans prévenir, sans adieu. Et ceux qui restaient apprenaient à vivre sans lui.

Semaine 4 — Le dilemme

C’était un jeudi soir, froid et pluvieux.

Julien venait de terminer une ronde avec un voisin quand ils entendirent des coups sourds à la porte. En ouvrant partiellement, lampe en main, il découvrit un homme dans la trentaine, blessé à la jambe, en sang, trempé.

« S’il vous plaît… je me suis fait attaquer… j’ai rampé depuis Saint-Michel… ils m’ont volé mon sac… je… j’ai besoin d’aide. »

L’homme était seul. Pas armé. Visiblement choqué. Mais les rues n’étaient plus ce qu’elles étaient. Julien sentit le doute l’envahir, rapide et brutal :
Et s’il mentait ?
Et s’ils étaient plusieurs ?
Et s’il infectait le reste du groupe ?

Il referma la porte doucement, puis la verrouilla.
Il resta là, à écouter l’homme pleurer, frapper, puis s’éloigner dans la nuit.

Sa conjointe lui posa la question qu’il redoutait : — « Tu penses qu’il va mourir ? »

Julien ne répondit pas. Mais cette nuit-là, il écrivit dans son carnet :

« Sauver sa famille, parfois, c’est condamner un autre. Je n’ai pas les épaules d’un juge, mais ce soir, j’ai jugé. »

IV. Phase 3 — L’installation de la rupture (Mois 2 à 6)

Deux mois après l’EMP

Montréal n’était plus une ville, mais une mosaïque de clans géographiques. Des îlots de survie, parfois solidaires, parfois hostiles. Les ponts étaient désormais des lignes de front. L’île était bouclée naturellement : pas de carburant pour partir, pas de communication pour organiser. La fuite était devenue un luxe, réservé à ceux qui avaient su prévoir un canot, ou à ceux qui avaient osé marcher vers le nord, sans savoir ce qu’ils trouveraient au bout.

Dans le quartier de Julien, le groupe de 12 familles avait tenu. Mieux que d’autres.
Ils avaient instauré un troc structuré, noté à la craie sur une ardoise fixée à un poteau :

  • 1 boîte de conserve = 2 litres d’eau bouillie
  • 1 pile AA = 20 minutes de recharge de lampe
  • 1 comprimé d’ibuprofène = service d’une heure

Le marché du dimanche, dans une cour intérieure, ressemblait à une foire médiévale. Les odeurs de savon artisanal côtoyaient celle de la viande séchée. On y venait aussi pour s’échanger des nouvelles : rumeurs de zones rurales plus stables, d’un centre de commandement à Ottawa, d’une radio à ondes courtes captée brièvement dans un sous-sol à Verdun.

Mais rien de tangible. Rien qui traverse le fleuve.

Mois 3 — Le jardinage de la nécessité

Julien transforma la cour arrière en potager. Avec l’aide de son voisin biologiste, ils aménagèrent des bacs, repiquèrent des semis, recyclèrent toute matière organique. Chaque graine devenait un projet de survie.

La faim commençait à serrer les estomacs. Les enfants s’étaient amaigris. Le pain n’existait plus que dans les souvenirs. On mangeait du gruau au vinaigre, des pissenlits, des œufs de canards élevés dans des ruelles.

Les disputes éclataient plus souvent. Une famille fut expulsée du groupe pour avoir volé des conserves. Julien n’avait pas participé au vote, mais il l’avait accepté. Il notait tout dans son carnet, devenu son seul espace de vérité.

Mois 4 — La nuit qui a tout changé

C’est lors d’une garde de nuit que tout a basculé.

Son ami Hugo, ex-militaire, faisait le tour du pâté de maisons. À 2h du matin, deux silhouettes l’ont accosté. Personne ne sait exactement ce qu’il s’est passé, mais au petit matin, on retrouva son corps, à moitié dévêtu, vidé de ses vivres et de son couteau.

Julien n’avait pas pleuré depuis les premiers jours. Ce matin-là, il s’effondra sur le pas de sa porte, le cœur transpercé.
Hugo était celui qui avait tenu le groupe d’un ton calme, ferme, rationnel. Sa perte fut plus qu’un deuil : ce fut un effondrement collectif.

Le jour même, ils renforcèrent les barricades. Deux membres du groupe commencèrent à porter des armes improvisées à la ceinture. D’autres s’entraînaient désormais à lancer des pierres, à grimper en silence.

La peur n’était plus un réflexe. C’était devenu une norme comportementale.

Mois 5 — La maladie et le silence

L’eau contaminée gagna plusieurs familles. Des diarrhées graves, de la fièvre. Trois décès en deux semaines. Des aînés surtout. Une fillette aussi, dont les parents refusaient d’en parler.

Sans médicaments, sans diagnostics, on revenait aux gestes anciens : décoctions, compresses froides, isolement des malades.

Julien dédia une pièce de son triplex à la « quarantaine ». Deux personnes y survécurent. Une n’en sortit pas.

Il ne se souvenait plus du jour exact, mais il réalisa qu’ils n’avaient plus compté les jours depuis longtemps. Le calendrier avait perdu sa logique. On vivait au rythme du soleil, des récoltes, et des morts.

Mois 6 — La perte invisible

Un cousin de Julien, Éric, avait quitté Montréal un mois plus tôt. Il avait trouvé un vélo de route, quelques bidons d’eau, et l’idée folle de rejoindre Québec. Il avait promis de revenir ou d’envoyer un signe.

Aucune nouvelle.

Julien guettait les lettres laissées dans la boîte de l’église désaffectée où certains déposaient des messages anonymes, au cas où. Rien. Juste des lettres d’adieu, de colère, ou de détresse.

Il comprit un soir, devant une chandelle, que personne ne viendrait.

Ni Éric, ni le gouvernement, ni les secours.
Il leur faudrait apprendre à vivre sans le monde.

Dernière entrée du carnet — Mois 6

« Ce n’est plus une parenthèse. C’est le nouveau livre.
On n’attend plus.
On s’organise, on plante, on protège.
On n’espère plus retrouver ce qu’on avait.
On construit avec ce qu’il reste. »

V. Phase 4 — La transformation (Mois 7 à 18)

Mois 7 — Une autre forme de vie

Le silence n’était plus une étrangeté. Il faisait partie du décor.

Pas d’avion dans le ciel. Pas de moteurs dans les rues. Juste le vent entre les bâtiments, le frottement des poussettes modifiées en chariots, et les voix basses de ceux qui parlaient encore doucement par habitude.

Dans son quartier, Julien n’était plus simplement un voisin prudent. Il était devenu le « jardinier », celui qui enseignait comment maximiser une récolte dans une boîte à fleurs, comment conserver les graines de poivron, comment faire pousser des haricots dans une vieille bassine trouée.

Chaque mercredi, il donnait un « atelier » dans la cour de l’école abandonnée. Pas d’inscriptions, pas de notes. Juste des mains dans la terre et des cerveaux en alerte.

Mois 8 — La maladie de Chloé

Sa fille cadette, Chloé, tomba malade en pleine nuit.

Fièvre soudaine, frissons, vomissements. Julien reconnut les signes : déshydratation sévère, peut-être une infection bactérienne.

Mais il n’y avait plus de pharmacie. Plus de clinique. Juste des remèdes improvisés : charbon actif, infusion d’origan, cataplasmes de feuilles.

Il passa trois jours à ses côtés, sans dormir, la berçant avec une chanson qu’il n’avait plus chantée depuis la maternelle. Elle survécut. Mais elle perdit 4 kilos, ne parla plus pendant une semaine. Quelque chose s’était brisé — ou mûri — en elle. Julien s’en voulait de ne rien avoir pu faire d’autre. Et pourtant, il savait que peu d’enfants s’en sortaient.

Mois 10 — Le fleuve, frontière et mirage

Des rumeurs solides filtraient maintenant des confins du réseau humain : l’Abitibi aurait été reconnectée à un réseau énergétique isolé, alimenté par de vieilles installations hydroélectriques. Des convois « officiels », escortés, auraient quitté l’ouest vers l’Ontario. Peut-être vers Québec.

Mais Montréal restait isolée.

Le pont Jacques-Cartier était devenu une ligne de contrôle, tenue par une milice improvisée armée de carabines et de chiens dressés. Ils filtraient les passages, taxaient les denrées, interdisaient l’entrée à ceux sans « motif humanitaire ». Personne ne savait qui leur avait donné ce pouvoir. Peut-être personne.

Le fleuve, naguère frontière fluviale ouverte, était désormais mur liquide.

Mois 12 — Une société parallèle stabilisée

La communauté avait instauré un système de troc avec unité de mesure locale : la « Graine », un jeton en bois gravé, équivalent à une demi-journée de travail, un pain complet ou un litre d’eau potable.

Un vieil imprimeur avait repris du service avec une presse manuelle. Des bulletins communautaires circulaient toutes les deux semaines : nouvelles, avis de décès, besoins prioritaires. Un semblant de presse libre renaissait entre les mains de ceux qui n’avaient rien à vendre.

Dans l’église abandonnée, deux anciennes enseignantes donnaient des cours aux enfants du quartier. Lecture, mathématiques, morale, bricolage. On apprenait à vivre, à penser, à compter les ressources. Julien y allait parfois pour donner des ateliers sur les cycles des saisons.

Mois 15 — L’hiver du ventre vide

L’hiver fut rude. Plus rude qu’attendu.
La neige tomba dès la mi-octobre et resta jusqu’en avril. Les récoltes d’automne avaient été insuffisantes. Le gel avait abîmé les réserves de patates mal isolées. Trois personnes âgées moururent de froid dans leur appartement. Une autre, d’une pneumonie sans antibiotiques.

Julien organisa un système de garde-feu collectif, où les familles se relayaient pour chauffer un bâtiment commun — une ancienne quincaillerie — converti en dortoir chauffé au bois.
Chacun amenait son combustible, son heure de présence. On dormait côte à côte, comme dans les camps d’hiver du siècle dernier.

Mois 17 — L’enfant trouvé

Un soir de février, en revenant d’une visite chez un voisin malade, Julien trouva un adolescent recroquevillé derrière son jardin clos, caché sous une bâche, le visage émacié, les mains gelées.

« J’ai pas volé. Je voulais juste… pas mourir. »

Il s’appelait Malik. 14 ans. Sa famille avait été tuée lors d’un passage de groupe armé près de l’avenue Papineau. Il avait fui à pied pendant deux semaines.

Julien l’intégra sans réfléchir. Contre l’avis de certains. Mais Chloé, guérie, l’accueillit comme un frère. Malik s’initia rapidement aux tâches du jardin, aux tours de garde, au troc. Il devint un membre à part entière.

Et pour Julien, plus que cela : une promesse. Celle que quelque chose de beau pouvait encore naître au milieu des cendres.

Mois 18 — Bilan silencieux

À la fin de l’hiver, un journal manuscrit circulait dans les mains de ceux qui avaient encore la force de lire. On y retrouvait les noms des disparus, des témoignages, des graines de réflexion.

Julien y ajouta une page :

« Nous n’avons pas reconstruit le passé.
Nous avons semé l’avenir dans ses ruines.
Ce que nous sommes devenus… ce n’est pas une chute.
C’est une mue. »

VI. Phase 5 — Reconstruction ou mutation (Mois 19 à 24)

Mois 19 — Les signes du dehors

Les premières rumeurs vérifiables arrivèrent avec des éclaireurs civils, des gens de l’extérieur — parfois en uniforme, parfois en vêtements de fortune — mais porteurs d’un insigne cousu à la main : un cercle vert barré de blanc. Ils se disaient mandatés par un Comité national de coordination, mis sur pied à Kingston.

Ils distribuaient des bulletins papier, imprimés sur du papier recyclé, avec des annonces officielles :

« L’État canadien reconnaît la résilience des communautés isolées. Le rétablissement énergétique se poursuit. Des zones de coopération sont proposées. »

Ils parlaient aussi d’un programme d’évacuation volontaire vers des zones « reconnectées » : Cornwall, Gatineau, Toronto. Les convois partaient à pied, encadrés, vers des bateaux ou véhicules opérant dans des corridors sécurisés.

Mais Montréal ne figurait pas sur la carte des priorités.
Trop grande. Trop dense. Trop imprévisible.

Mois 20 — Le choix de rester

Julien fut invité, comme figure de coordination locale, à une réunion d’information avec les émissaires du programme. Dans l’église désormais utilisée comme salle de réunion, il écouta poliment. On lui proposa une place pour lui, sa famille et deux autres membres du groupe, vers Toronto.

Il refusa.

Pas par fierté. Pas par nostalgie.
Mais parce que ce qu’ils avaient bâti ici valait d’être défendu, même sans réseau, même sans retour.

Ils n’avaient pas survécu à l’effondrement pour être déplacés comme des sinistrés.
Ils étaient devenus les bâtisseurs d’un monde neuf.

Mois 21 — Lumière ailleurs

Un soir de novembre, une lumière apparut au loin.

Dans l’ouest, au-dessus de Lachine, quelques immeubles s’allumèrent. Une lumière blanche, artificielle, brève. Elle clignota trois fois. Puis disparut.

Le lendemain, une rumeur circula : le réseau avait été partiellement réactivé jusqu’à Dorval, grâce à une microcentrale isolée et une station de transformation manuelle.

Mais Rosemont restait dans le noir.

Et ce n’était plus une priorité.

Julien l’accepta. Les autres aussi.

Ils avaient appris à vivre sans dépendre de cette lumière. Leur énergie était ailleurs maintenant : dans les corps, les décisions, les liens.

Mois 22 — Le dernier hiver

Celui-ci fut différent.

Mieux préparé. Mieux anticipé.
Les serres à plastiques improvisées tinrent bien. Les provisions furent gérées par un comité. Les enfants participaient aux corvées, et même les plus âgés acceptaient d’être rationnés.

Mais la vieillesse n’attend pas.

Gaston, doyen du groupe, ancien facteur devenu gardien de mémoire locale, s’éteignit dans son sommeil une nuit de janvier. Il avait tenu 81 hivers.

Julien prit la parole lors de la veillée. Il lut quelques lignes de Gaston, retrouvées dans un carnet relié à la ficelle :

« Il fallait que ça pète. On le savait tous.
Mais j’pensais pas que c’était nous, les vieux, qui finirions par montrer comment se relever. »

Mois 24 — L’héritage écrit

Un matin d’avril, exactement deux ans après l’éclair blanc, Julien déposa un petit paquet au centre de la bibliothèque communautaire.

Un carnet manuscrit. Relié de cuir. Scellé dans une enveloppe huilée.

Sur la couverture, une simple inscription au crayon :

« Chronique d’une renaissance : Montréal, années sans lumière »

À l’intérieur :

  • Les événements.
  • Les décisions.
  • Les erreurs.
  • Les recettes de survie.
  • Les cartes tracées à la main.
  • Et les prénoms de ceux qui avaient tenu bon.

Il ne voulait pas qu’on se souvienne de lui.
Mais il voulait que ceux qui viendraient ne repartent pas de zéro.

Dernière page :

« Le monde s’est arrêté.
Mais le cœur de l’homme, lui, a continué de battre.
Plus lentement. Plus profondément.
Et maintenant, il sait ce qui compte vraiment.
Ce que ni l’électricité, ni l’argent, ni les gouvernements ne peuvent garantir :
La dignité d’exister ensemble. »

Leçons concrètes pour la préparation citoyenne

Ce scénario fictif s’ancre dans des données documentées sur les effets d’une impulsion électromagnétique majeure. Les leçons pratiques qu’il illustre correspondent aux priorités réelles de la préparation citoyenne.

Ce que Julien avait — et qui a compté

  • Filtre à eau (Berkey) — critique dès le Jour 1
  • Radio VHF analogique — les appareils numériques sont hors service
  • Vélo sans composants électroniques — le seul véhicule fonctionnel
  • Lampes à dynamo — autonomes en énergie
  • Stocks de conserves pour 2 mois — a permis d’absorber le choc initial
  • Génératrice à essence en remise — ressource de transition
  • Potager même minimal — base du jardinage de survie (Mois 3)
  • Argent liquide — les systèmes électroniques de paiement sont hors service
Ce qui a manqué — et ce que le scénario enseigne

  • Protocole de purification de l’eau à grande échelle (Mois 5 : contamination)
  • Stock de médicaments essentiels et d’antibiotiques
  • Semences en quantité suffisante pour une production alimentaire sérieuse
  • Réseau de voisinage établi avant la crise (a pris 2 semaines à se former)
  • Plan d’hébergement collectif pour l’hiver (improvisé au Mois 15)
  • Formation aux premiers soins avancés (absence criante lors de la maladie de Chloé)

Le principe central du récit
L’autonomie douce de Julien — filtre à eau, potager, stocks modestes, radio analogique — n’a pas évité la crise. Elle a donné à sa famille et à son groupe le temps de s’organiser pendant que les autres géraient l’urgence immédiate. C’est précisément ce que vise la préparation citoyenne : pas l’invulnérabilité, mais l’intervalle — quelques jours, quelques semaines — qui permet à la résilience collective de se mettre en place.

Références

  • Commission to Assess the Threat to the United States from Electromagnetic Pulse (EMP) Attack. (2008). Critical national infrastructures report. EMP Commission. empcommission.org
  • Medalia, J. (2008). Electromagnetic pulse (EMP) attack and the homeland (CRS Report No. RL32544). Congressional Research Service. sgp.fas.org
  • Howell, E. (2013, 8 juillet). The Carrington Event: History’s greatest solar storm. Space.com. space.com
  • Hydro-Québec. (2023). Rapport annuel 2022. hydroquebec.com
  • Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). (s.d.). Publications. cnesst.gouv.qc.ca
  • Deming, D. J. (2022). Post-disaster resilience and social trust. Harvard University. scholar.harvard.edu
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Foire aux questions

Une impulsion électromagnétique (EMP) de grande ampleur est-elle un risque réel ?

Oui — deux types d’événements documentés peuvent produire des effets EMP à grande échelle. Les éruptions solaires majeures, dont l’événement Carrington de 1859 reste l’exemple historique de référence, peuvent générer des courants géomagnétiques suffisants pour endommager les transformateurs du réseau électrique sur de vastes territoires. Les impulsions électromagnétiques d’origine artificielle (armes EMP) sont par ailleurs documentées dans la littérature militaire depuis les années 1960. Le rapport de la Commission EMP américaine (2008) constitue la référence scientifique la plus complète sur les effets potentiels d’un événement de grande ampleur sur les infrastructures modernes.

Pourquoi la vieille Civic 2001 fonctionne-t-elle dans le récit, mais pas les voitures récentes ?

Les véhicules fabriqués avant l’intégration massive de l’électronique embarquée — généralement avant les années 1980-1990 selon les modèles — contiennent peu ou pas de composants électroniques sensibles aux champs électromagnétiques. Les véhicules modernes, dont pratiquement toutes les fonctions (injection, allumage, freinage, direction assistée) sont gérées par des unités de contrôle électroniques, sont significativement plus vulnérables à une impulsion EMP. La Civic 2001, modèle avec une électronique encore relativement simple, illustre cette distinction dans le scénario.

Quel équipement conserver pour maintenir des communications en cas de panne totale du réseau ?

Les radios à fréquences analogiques — VHF, UHF, ondes courtes — sont moins vulnérables aux perturbations électromagnétiques que les équipements numériques, à condition d’être stockées dans une cage de Faraday ou un contenant métallique fermé lors de l’événement. Les radios à manivelle avec réception AM/FM/OC (ondes courtes) permettent de capter des émissions longue distance sans dépendre du réseau. Les talkies-walkies analogiques de type GMRS ou VHF sont utiles pour la communication locale. Stocker des équipements de rechange dans une boîte métallique étanche est la précaution la plus accessible pour les particuliers.

Combien de temps le réseau d’eau potable fonctionnerait-il réellement après un EMP majeur ?

La durée dépend de la configuration du réseau local. Les stations de pompage et de traitement de l’eau dépendent de l’électricité pour fonctionner. En l’absence de générateurs de secours opérationnels, la pression dans les conduites commence à chuter en quelques heures dans les zones basses, et les systèmes de traitement (chloration, filtration) cessent de fonctionner progressivement. Les réservoirs d’eau gravitaires peuvent maintenir une distribution passive pendant quelques jours. Le rapport EMP Commission estime qu’un réseau d’eau urbain non secouru serait partiellement non fonctionnel en 24 à 72 heures et entièrement hors service en une à deux semaines.

La préparation de Julien dans le scénario est-elle réaliste et accessible ?

Intentionnellement oui. Le niveau de préparation de Julien — filtre à eau, radio VHF, stocks de conserves, génératrice, potager de balcon, lampes à dynamo, argent liquide — correspond à ce que Québec Preppers appelle l’autonomie de base étendue : plusieurs semaines à quelques mois d’autonomie alimentaire et hydrique, des équipements de communication et d’éclairage non dépendants du réseau, et une capacité minimale de production alimentaire. Ce niveau est accessible sans investissement majeur sur 12 à 24 mois, et c’est précisément ce qui lui a permis d’absorber les premières semaines de crise tout en organisant le groupe de voisins.

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Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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Mathieu Montaroux est un expert reconnu en préparation aux situations d’urgence, en sécurité civile et en planification d’évacuation au Québec. Fort de ses expériences dans les forces armées, comme paramedic et en tant qu’analyste et gestion de risques, il accompagne depuis plusieurs années les organisations, les familles et les citoyens dans l’amélioration de leur capacité de préparation et de résilience face aux crises. Il est le fondateur de Québec Preppers, une plateforme dédiée à la préparation citoyenne responsable, à l’autonomie fonctionnelle et à la réduction des impacts humains lors de situations d’urgence plausibles. Son approche repose sur la pédagogie, la mise en pratique progressive et l’adaptation au contexte réel, en conformité avec les cadres légaux et les bonnes pratiques en sécurité civile.
3 commentaires
  • Excellente initiative de vulgariser ce scénario EMP par la fiction. En tant qu’ingénieur en infrastructures critiques, je peux confirmer que le réseau d’Hydro-Québec, malgré sa robustesse, reste vulnérable aux impulsions électromagnétiques de forte intensité.

    Ce qui me frappe dans votre introduction, c’est justement cette notion d’**autonomie douce** que vous développez avec Julien. C’est exactement l’approche que je prône : pas besoin de bunker, mais une **préparation citoyenne** progressive et rationnelle. Le filtre Berkey, la radio VHF, les réserves d’eau – ce sont des mesures de **résilience** accessibles à tous.

    Par contre, j’ai une question technique : allez-vous aborder dans les phases suivantes la problématique des transformateurs haute tension? C’est souvent le maillon faible dans un scénario EMP – leur remplacement prend des mois, voire des années. Ça changerait complètement la chronologie de récupération comparé à une panne électrique standard.

    Hâte de lire la suite, surtout la section sur les leçons pratiques!

  • Ingénieur en infrastructures critiques ici. Vous avez raison de souligner la robustesse relative d’Hydro-Québec, mais attention : même nos systèmes SCADA modernisés restent vulnérables à une impulsion EMP de forte magnitude. Les transformateurs de puissance, avec leurs délais de remplacement de 12-18 mois, constituent notre talon d’Achille.

    Ce qui me frappe dans ce récit, c’est la justesse du portrait de l’autonomie fonctionnelle progressive. Trop de citoyens pensent “tout ou rien”, alors que la résilience se construit exactement comme Julien : un filtre Berkey, des réserves alimentaires raisonnables, un plan familial testé.

    Ce qui manque souvent dans la préparation citoyenne, c’est la dimension communication d’urgence. Combien de Montréalais savent où se trouve leur point de rassemblement municipal en cas de panne électrique majeure? Combien ont un plan d’évacuation discuté avec leurs voisins? La catastrophe ne commence pas par le manque de ressources, mais par l’isolement informationnel.

  • Excellente initiative de vulgariser ce scénario EMP par la fiction. En tant qu’ingénieur en infrastructures critiques, je peux confirmer que le réseau d’Hydro-Québec, malgré sa robustesse, reste vulnérable aux impulsions électromagnétiques majeures.

    J’ai justement participé l’an dernier à un exercice de simulation à Lyon avec EDF, portant sur une panne électrique de longue durée. Ce qui m’a frappé : nos protocoles de rétablissement s’effondrent complètement après 72h sans alimentation des systèmes de contrôle. Les transformateurs haute tension, une fois grillés, nécessitent 18 à 24 mois de remplacement. Impossible à produire localement.

    Le personnage de Julien incarne bien ce que j’appelle “l’autonomie fonctionnelle” : pas de bunker, juste du pragmatisme. Filtre à eau, réserves alimentaires raisonnables, communication d’urgence via radio VHF. C’est exactement ce que je recommande aux municipalités : former des citoyens prévoyants plutôt que de compter uniquement sur la sécurité civile. Hâte de lire la suite de cette chronique.

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