La vie après le virus: les choses seront-elles les mêmes?

Par Le citoyen prévoyant - Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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La vie après le virus les choses seront elles les mêmes
La vie après le virus: les choses seront-elles les mêmes?

En 2020, alors que les confinements bouleversaient la planète, il était difficile de distinguer les adaptations temporaires des transformations qui allaient réellement survivre à la pandémie. Télétravail, télémédecine, paiements numériques, achats en ligne, enseignement à distance, nouvelles habitudes d’hygiène : six ans plus tard, nous disposons enfin du recul nécessaire pour faire le bilan.

Certaines prédictions se sont réalisées. D’autres beaucoup moins. Et plusieurs changements ont suivi une trajectoire plus nuancée que ce que l’on pouvait imaginer au cœur de la crise.

La principale leçon n’est peut-être pas que le COVID-19 a créé un « nouveau monde ». Il a surtout accéléré des transformations déjà amorcées, révélé certaines dépendances et démontré à quelle vitesse une société peut modifier son fonctionnement lorsque les conditions l’exigent.

2020 : lorsque presque tout semblait devoir changer

Au printemps 2020, la pandémie de COVID-19 a entraîné une interruption sans précédent de nombreuses activités sociales et économiques.

Écoles fermées, déplacements limités, événements annulés, bureaux désertés, frontières perturbées, restaurants fermés et chaînes d’approvisionnement sous pression : pendant quelques semaines, puis quelques mois, des habitudes considérées comme parfaitement ordinaires sont devenues difficiles ou impossibles.

L’incertitude était immense.

À l’époque, cet article tentait donc de répondre à une question légitime :

Combien de ces changements allaient survivre à la pandémie ?

Nous avons maintenant suffisamment de recul pour répondre beaucoup plus précisément.

Où en est le COVID-19 en 2026 ?

La première correction nécessaire concerne la manière de parler du COVID-19 lui-même.

L’urgence de santé publique de portée internationale déclarée par l’Organisation mondiale de la Santé a pris fin le 5 mai 2023.

Cela ne signifie pas que le virus a disparu.

Dans son évaluation mondiale publiée le 6 août 2026, l’OMS considérait encore le risque mondial associé au COVID-19 comme modéré. Le SARS-CoV-2 continue de circuler, d’évoluer et de provoquer des hospitalisations et des décès, particulièrement chez certaines personnes vulnérables.

L’OMS estime également qu’environ 6 % des personnes ayant développé un COVID-19 symptomatique peuvent présenter une affection post-COVID, communément appelée COVID longue.

En 2026, le COVID-19 n’est donc ni la crise mondiale de 2020 ni un événement appartenant uniquement au passé. Il est devenu un risque sanitaire durable intégré à un environnement beaucoup plus large de maladies respiratoires.

Une première prédiction confirmée : certaines crises laissent des traces durables

L’article original comparait la pandémie aux grands événements ayant marqué des générations entières.

L’analogie était probablement trop ambitieuse sur certains aspects, mais l’idée de fond reste pertinente : les crises importantes peuvent modifier durablement certaines pratiques.

Le point essentiel est toutefois que les sociétés ne conservent pas nécessairement tous les comportements adoptés pendant l’urgence.

Elles font plutôt une sélection.

Une pratique temporaire peut disparaître rapidement lorsqu’elle devient inutile, tandis qu’une innovation qui apporte également des avantages en période normale peut rester.

C’est exactement ce qui s’est produit avec plusieurs changements associés au COVID-19.

Le télétravail : oui, il est resté… mais pas comme prévu

L’une des prédictions les plus justes de l’article original concernait le travail à distance.

La pandémie a démontré très rapidement que certaines fonctions professionnelles pouvaient être exercées hors du bureau.

Mais l’idée selon laquelle les entreprises abandonneraient massivement leurs locaux et que le télétravail deviendrait la norme générale ne s’est pas réalisée.

Les données de Statistique Canada montrent plutôt une stabilisation vers un modèle mixte.

En mai 2026 :

  • 78,8 % des travailleurs canadiens travaillaient exclusivement hors du domicile;
  • 11,4 % travaillaient exclusivement à domicile;
  • 9,8 % avaient une organisation hybride.

Le travail exclusivement à domicile est donc en recul depuis 2022, tandis que la proportion de travailleurs en mode hybride est demeurée relativement stable depuis 2023.

La pandémie n’a pas supprimé le bureau. Elle a ajouté une nouvelle manière crédible d’organiser le travail.

Une véritable capacité de continuité est née

Du point de vue de la résilience, le changement le plus intéressant n’est d’ailleurs pas le confort du télétravail.

C’est la capacité de nombreuses organisations à poursuivre certaines activités lorsqu’un bâtiment devient inaccessible.

Avant 2020, le télétravail était parfois envisagé comme avantage RH ou mesure occasionnelle.

Après la pandémie, il est également devenu un véritable outil de continuité :

  • tempête importante;
  • panne localisée;
  • problème d’accès à un bâtiment;
  • épisode infectieux;
  • perturbation des transports;
  • autre événement empêchant temporairement la présence physique.

C’est un excellent exemple d’une capacité développée pendant une crise puis conservée parce qu’elle reste utile en situation normale.

La télémédecine : une autre transformation durable

L’article de 2020 anticipait également une progression durable de la télémédecine.

Cette prédiction s’est largement confirmée.

Au début de la pandémie, la proportion de consultations ambulatoires virtuelles est passée en quelques semaines d’environ 2 à 3 % à des niveaux extrêmement élevés dans certaines provinces. Le Canada a ensuite investi dans les infrastructures et politiques nécessaires à l’intégration de ces services.

En 2026, les soins virtuels n’ont pas remplacé les consultations physiques.

Ils sont devenus une modalité supplémentaire.

L’Institut canadien d’information sur la santé continue d’ailleurs de suivre spécifiquement les soins virtuels à l’échelle canadienne, tandis que les politiques de santé cherchent désormais davantage à déterminer quand le virtuel est approprié plutôt que de se demander s’il doit exister.

Le virtuel fonctionne bien pour…

Certains suivis, renouvellements, consultations préliminaires, santé mentale et situations où l’examen physique n’est pas déterminant.

Le présentiel reste indispensable pour…

De nombreux examens physiques, procédures, urgences, diagnostics nécessitant des manipulations ou situations où l’observation directe est essentielle.

La « nouvelle normalité » n’est donc pas la télémédecine à la place de la médecine.

C’est l’existence de plusieurs voies d’accès aux soins.

Éducation : le numérique est resté, l’école aussi

En 2020, certains imaginaient une transformation beaucoup plus radicale de l’éducation.

Des centaines de millions d’élèves ont effectivement basculé vers l’enseignement à distance pendant les fermetures d’écoles.

L’OCDE estime qu’au moins 1,5 milliard d’élèves dans le monde ont été affectés par les fermetures en 2020 et 2021.

Mais l’expérience a également démontré les limites du modèle entièrement distant.

Les établissements scolaires assurent beaucoup plus que la transmission de connaissances : socialisation, soutien, services, environnement structuré, activité physique et interactions humaines en font aussi partie.

L’OCDE souligne justement que les fermetures ont rappelé l’importance de l’école comme élément du tissu social.

Ce qui est resté est donc davantage :

  • l’utilisation accrue des plateformes numériques;
  • le partage de documents en ligne;
  • les environnements d’apprentissage numériques;
  • certaines formes de cours hybrides;
  • une capacité beaucoup plus grande à basculer temporairement à distance.

Entre 2018 et 2022, la proportion de directions scolaires estimant que leurs enseignants possédaient les compétences techniques et pédagogiques nécessaires pour intégrer les outils numériques est passée de 68 % à 90 % dans les systèmes étudiés par l’OCDE.

La technologie s’est intégrée davantage à l’éducation, mais elle n’a pas démontré que l’école physique était devenue inutile. L’OCDE rappelle d’ailleurs que l’accès à des outils numériques ne garantit pas, à lui seul, de meilleurs apprentissages.

L’argent comptant n’est pas mort

C’est probablement l’une des prédictions de 2020 qui a le moins bien vieilli.

L’article original annonçait pratiquement « la fin de l’argent ».

La pandémie a effectivement accéléré l’utilisation du paiement sans contact et des méthodes numériques.

Mais les espèces n’ont pas disparu au Canada.

L’enquête 2024 de la Banque du Canada montre que :

  • les espèces représentaient encore environ un achat sur cinq;
  • près de quatre Canadiens sur cinq conservaient de l’argent comptant sur eux;
  • seulement 13 % se décrivaient comme entièrement sans argent comptant.

La Banque du Canada constate même que la baisse de l’utilisation des espèces observée avant la pandémie n’a pas repris de la même manière au cours des dernières années.

Pour la résilience, cette coexistence est plutôt positive. Une société capable d’utiliser cartes, paiements mobiles, virements et argent comptant possède davantage d’options qu’un système dépendant exclusivement d’un seul moyen de paiement.

Le COVID-19 se transmettait-il principalement par l’argent et les surfaces ?

L’ancien article reprenait une inquiétude très fréquente au début de 2020 : la survie du virus sur différentes surfaces et la possibilité que l’argent comptant constitue un vecteur important.

Nous savons aujourd’hui que cette lecture accordait trop d’importance aux surfaces.

L’OMS décrit actuellement le SARS-CoV-2 comme un virus se transmettant principalement par l’air, via des particules respiratoires infectieuses, particulièrement lors des contacts rapprochés et dans les espaces intérieurs partagés. La transmission par des surfaces contaminées demeure possible, mais elle n’est pas la voie dominante mise de l’avant aujourd’hui.

Cette évolution scientifique constitue elle-même une leçon importante :

En début de crise, certaines recommandations reposent nécessairement sur des connaissances incomplètes. La préparation citoyenne doit pouvoir évoluer lorsque les données s’améliorent, plutôt que figer les premières hypothèses comme des certitudes.

Une leçon devenue beaucoup plus importante : l’air intérieur

L’accent initial portait beaucoup sur les surfaces, le lavage des achats et la désinfection.

Avec le recul, la qualité de l’air intérieur et la ventilation ont pris une importance beaucoup plus grande dans la compréhension des maladies respiratoires.

Le fait que le SARS-CoV-2 se transmette principalement par des particules respiratoires rappelle l’intérêt :

  • de renouveler l’air lorsque cela est possible;
  • d’améliorer la ventilation des espaces occupés;
  • d’éviter certaines situations très confinées lorsqu’un risque infectieux important existe;
  • d’utiliser des mesures de protection adaptées au contexte plutôt qu’une réponse identique à toutes les situations.

La préparation sanitaire ne se limite donc plus à stocker du désinfectant.

Nos interactions sociales sont-elles définitivement différentes ?

En 2020, on pouvait se demander si la poignée de main, les accolades, les événements bondés ou les rassemblements disparaîtraient durablement.

Ils sont revenus.

Les humains ont retrouvé les concerts, événements sportifs, restaurants, voyages, réunions familiales et lieux de travail.

Ce qui semble davantage avoir changé est la tolérance sociale à certaines adaptations temporaires.

Il est aujourd’hui moins étrange de :

  • participer à une réunion à distance;
  • reporter une rencontre lorsque l’on est malade;
  • porter un masque dans certaines situations;
  • demander une consultation virtuelle;
  • participer à un événement hybride;
  • travailler temporairement depuis la maison.

La rupture n’a donc pas été la disparition du contact humain.

Elle a plutôt élargi le nombre d’options socialement acceptables.

Commerce en ligne : accélération, puis stabilisation

L’article original annonçait presque la « mort du commerce de détail ».

Là encore, la réalité s’est révélée beaucoup plus nuancée.

Le commerce électronique a connu une progression spectaculaire au début de la pandémie lorsque de nombreux commerces physiques étaient fermés ou difficiles d’accès.

Mais les Canadiens sont largement retournés dans les magasins.

Les données de la Banque du Canada indiquent que la part des achats en ligne s’est plutôt stabilisée après le bond initial de 2020, autour de 14 % des transactions observées en volume dans son enquête récente.

Le commerce physique n’est donc pas mort.

Le véritable changement est l’intégration des deux univers :

En ligne

Comparer, commander, faire livrer, vérifier les stocks et acheter sans déplacement.

En magasin

Voir le produit, repartir immédiatement avec, obtenir certains services et conserver une présence commerciale locale.

Beaucoup d’entreprises utilisent aujourd’hui les deux simultanément.

Les chaînes d’approvisionnement : une leçon durable

La pandémie a probablement modifié davantage notre compréhension des chaînes d’approvisionnement que nos habitudes de magasinage.

Avant 2020, la majorité des consommateurs s’intéressaient peu à l’origine d’un masque, d’un médicament, d’une puce électronique ou d’une pièce automobile.

La crise a montré qu’un produit très ordinaire peut dépendre d’une succession complexe :

Matière première → fabrication → composant → assemblage → transport → port → entrepôt → distribution → commerce → consommateur.

Une perturbation suffisamment importante à une seule étape peut se répercuter beaucoup plus loin.

Cette compréhension reste extrêmement pertinente pour la préparation citoyenne.

La thésaurisation n’est pas devenue la norme

L’article original anticipait également une mentalité durable de thésaurisation comparable à celle associée à certaines générations ayant vécu la Grande Dépression.

Cette prédiction ne semble pas s’être matérialisée à grande échelle.

Les achats paniques de papier hygiénique, produits nettoyants, levure, farine ou autres ressources ont été très visibles en 2020.

Mais ces comportements se sont largement résorbés lorsque les chaînes d’approvisionnement et les habitudes de consommation se sont normalisées.

Cela ne signifie pas que la leçon était inutile.

Elle permet au contraire de distinguer deux comportements :

Accumulation réactivePréparation progressive
Achat provoqué par la peur d’une pénurie immédiateConstitution graduelle avant la crise
Volumes importants en peu de tempsRotation régulière
Produits parfois inhabituels pour le foyerProduits réellement utilisés
Augmente la pression sur les stocks collectifsRéduit la dépendance immédiate lorsque le système est sollicité

La seconde approche demeure beaucoup plus cohérente avec une préparation responsable.

La frugalité et le retour aux compétences domestiques

Pendant les confinements, beaucoup de personnes ont redécouvert des activités qu’elles avaient rarement pratiquées auparavant :

  • cuisiner davantage;
  • faire du pain;
  • jardiner;
  • réparer;
  • faire certains travaux soi-même;
  • conserver des aliments;
  • coudre ou réparer des vêtements.

Notre guide sur la fabrication du pain sans levure et celui sur la couture et la réparation de vêtements s’inscrivent directement dans cette logique.

Toutes ces habitudes n’ont évidemment pas été conservées par tous.

Mais la pandémie a rappelé une idée particulièrement importante :

Une compétence domestique est une forme de capacité de remplacement. Lorsqu’un service ou un produit devient temporairement inaccessible, savoir faire soi-même certaines choses réduit la dépendance immédiate.

La pandémie n’a pas créé une « Dépression » économique permanente

L’article original allait beaucoup trop loin sur ce point et contenait même une erreur de définition.

Deux trimestres consécutifs de contraction du produit intérieur brut sont parfois utilisés comme règle simplifiée pour parler de récession. Cela ne constitue pas la définition d’une dépression économique.

La pandémie a effectivement provoqué en 2020 une contraction économique extrêmement brutale, accompagnée de pertes d’emplois et de programmes publics extraordinaires.

Mais elle n’a pas débouché sur une dépression mondiale comparable à celle des années 1930.

Les années suivantes ont plutôt été caractérisées par d’autres défis :

  • inflation;
  • hausse du coût du logement;
  • tensions sur certaines chaînes d’approvisionnement;
  • variation importante des taux d’intérêt;
  • recomposition de certains marchés du travail.

Pour le citoyen, la leçon reste néanmoins pertinente : la résilience financière mérite la même attention que les réserves matérielles.

La pandémie nous a-t-elle rendus plus autonomes ?

Pas nécessairement.

Mais elle a rendu certaines dépendances beaucoup plus visibles.

Lorsque les commerces, écoles, bureaux et services fonctionnaient normalement, il était facile de ne jamais réfléchir à la manière dont le foyer réagirait si plusieurs de ces ressources devenaient simultanément moins accessibles.

Le COVID-19 a fourni une expérience grandeur nature de fonctionnement dégradé.

Pour certains foyers, les principales difficultés ont concerné :

  • l’alimentation;
  • les médicaments;
  • la garde des enfants;
  • les revenus;
  • les communications;
  • la santé mentale;
  • l’accès aux soins;
  • la capacité à travailler depuis le domicile.

Pour d’autres, les adaptations ont été relativement faciles.

Cette différence est précisément ce que cherche à améliorer la préparation.

Ce que nous avons appris sur la normalité

La pandémie constitue également une démonstration particulièrement intéressante du biais de normalité.

Avant 2020, il aurait semblé difficilement imaginable à beaucoup de personnes que :

  • des frontières puissent se fermer rapidement;
  • des écoles puissent interrompre les cours en personne;
  • des bureaux entiers puissent fonctionner à distance;
  • des événements internationaux majeurs soient annulés;
  • certains produits très ordinaires disparaissent temporairement des tablettes.

Pourtant, tout cela s’est produit.

Cela ne signifie pas que nous devrions vivre en anticipant constamment une nouvelle pandémie.

Cela signifie plutôt que l’expérience réelle a élargi notre compréhension de ce qui est possible.

Un événement improbable cesse d’être abstrait lorsqu’une génération l’a déjà vécu.

Résilience : ce qui a vraiment fonctionné

Avec six années de recul, les éléments les plus utiles ne sont pas nécessairement ceux qui ont reçu le plus d’attention au début de 2020.

Adaptabilité

Changer rapidement de méthode

Télétravail, services virtuels, nouvelles procédures et réorganisation rapide ont permis à de nombreuses activités de continuer.

Redondance

Avoir plusieurs options

Plusieurs moyens de paiement, de communication, d’approvisionnement ou de travail ont réduit certaines dépendances.

Compétences

Pouvoir faire autrement

Cuisine, entretien, numérique, organisation familiale et différentes compétences ont permis de remplacer temporairement certains services.

Information

S’adapter aux connaissances

Les recommandations ont évolué avec les données. Savoir réviser une décision est une compétence de résilience à part entière.

Une autre leçon : les crises n’affectent pas tout le monde de la même manière

La pandémie a également montré les limites d’une lecture uniforme de la résilience.

Travailler depuis le chalet avec une bonne connexion Internet n’était pas la même expérience que :

  • perdre son emploi;
  • continuer à travailler auprès du public;
  • habiter un petit logement avec plusieurs enfants;
  • prendre soin d’une personne vulnérable;
  • ne pas disposer d’un accès Internet fiable;
  • vivre seul pendant de longues périodes.

Les capacités disponibles avant une crise influencent fortement la manière dont elle sera vécue.

C’est pourquoi la préparation citoyenne ne devrait jamais devenir un jugement porté sur ceux qui disposent de moins de ressources.

Elle vise plutôt à identifier les marges de manœuvre qui peuvent raisonnablement être développées selon sa propre situation.

Ce qui n’a finalement pas changé

Six ans après le début de la pandémie, une autre observation mérite d’être faite :

une grande partie de la vie ordinaire est revenue.

Nous nous serrons toujours la main.

Nous allons dans les restaurants.

Les enfants fréquentent les écoles.

Les gens voyagent.

Les stades se remplissent.

Les magasins physiques existent toujours.

L’argent comptant circule encore.

Les employés sont largement retournés sur leurs lieux de travail.

Les crises peuvent produire de profondes adaptations sans nécessairement remplacer entièrement le monde qui les précédait.

La véritable « nouvelle normalité »

Le terme a été tellement utilisé en 2020 qu’il a fini par perdre une partie de son sens.

Avec le recul, la véritable nouvelle normalité est probablement beaucoup moins spectaculaire.

Elle consiste à avoir intégré plusieurs options supplémentaires à notre fonctionnement quotidien :

  • travailler parfois ailleurs qu’au bureau;
  • consulter certains professionnels à distance;
  • acheter en ligne ou physiquement;
  • payer de plusieurs manières;
  • enseigner avec davantage d’outils numériques;
  • réagir plus rapidement à certaines éclosions;
  • comprendre davantage l’importance de la qualité de l’air intérieur;
  • avoir conscience de certaines fragilités logistiques.

Cette multiplication des options est précisément une caractéristique de la résilience.

Ce que la préparation citoyenne devrait retenir de 2020

Il serait facile de tirer de la pandémie la conclusion qu’il faut simplement stocker davantage de masques, de nourriture ou de papier hygiénique pour la prochaine crise.

Ce serait passer à côté de l’essentiel.

Les enseignements les plus transférables concernent plutôt :

  1. Les crises évoluent. Les premières informations sont rarement les dernières.
  2. La dépendance à une seule solution crée de la fragilité.
  3. Les compétences permettent de remplacer temporairement certains services.
  4. Une réserve raisonnable donne du temps avant de devoir agir.
  5. Les réseaux humains restent essentiels.
  6. La santé, les finances, le numérique et la logistique font tous partie de la préparation.
  7. La capacité d’adaptation est souvent plus importante que la capacité de prédiction.

Conclusion : six ans après, la meilleure leçon est l’adaptation

En 2020, nous nous demandions si le COVID-19 allait transformer définitivement presque tous les aspects de notre existence.

La réponse de 2026 est beaucoup plus nuancée.

Le monde n’a pas complètement changé.

Mais il a appris de nouvelles manières de fonctionner.

Le télétravail n’a pas remplacé le bureau, mais il est devenu une option durable.

La télémédecine n’a pas remplacé la consultation physique, mais elle est désormais intégrée au système.

Le commerce électronique n’a pas tué les magasins.

Les paiements numériques n’ont pas supprimé l’argent comptant.

L’école à distance n’a pas remplacé la classe, mais les établissements sont beaucoup mieux équipés numériquement.

Et surtout, nous avons appris qu’un fonctionnement considéré comme normal peut être profondément perturbé en quelques jours.

La résilience ne consiste pas à prédire exactement la prochaine crise. Elle consiste à développer suffisamment d’options pour continuer à fonctionner lorsque la réalité ne ressemble plus au scénario que nous avions prévu.

C’est probablement la leçon la plus durable laissée par la pandémie.

Questions fréquentes

La pandémie de COVID-19 est-elle terminée ?

L’urgence de santé publique de portée internationale a pris fin en mai 2023. Le SARS-CoV-2 continue toutefois de circuler mondialement et de provoquer des infections, des hospitalisations, des décès et des cas d’affection post-COVID.

Le télétravail est-il devenu permanent au Canada ?

Il est devenu une composante durable du marché du travail, mais pas dominante. En mai 2026, 11,4 % des travailleurs canadiens travaillaient exclusivement à domicile et 9,8 % avaient une organisation hybride, tandis que 78,8 % travaillaient exclusivement ailleurs qu’à domicile.

L’argent comptant est-il en voie de disparition ?

Les paiements numériques ont fortement progressé, mais les espèces restent utilisées. Selon la Banque du Canada, environ un achat sur cinq était encore payé comptant en 2024 et près de quatre Canadiens sur cinq détenaient de l’argent comptant.

Le COVID-19 se transmet-il surtout par les surfaces ?

Non. Les connaissances actuelles mettent principalement l’accent sur la transmission par l’air au moyen de particules respiratoires infectieuses, surtout lors des contacts rapprochés ou dans des espaces intérieurs partagés. La transmission par des surfaces contaminées reste possible mais n’est pas considérée comme la voie principale.

Quelle est la principale leçon pour la préparation citoyenne ?

Probablement l’importance de l’adaptabilité. Des réserves raisonnables sont utiles, mais la possibilité de travailler autrement, communiquer autrement, s’approvisionner par plusieurs voies et ajuster ses décisions lorsque de nouvelles informations apparaissent constitue une forme de résilience encore plus importante.

Sources et références

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Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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Mathieu Montaroux est un expert reconnu en préparation aux situations d’urgence, en sécurité civile et en planification d’évacuation au Québec. Fort de ses expériences dans les forces armées, comme paramedic et en tant qu’analyste et gestion de risques, il accompagne depuis plusieurs années les organisations, les familles et les citoyens dans l’amélioration de leur capacité de préparation et de résilience face aux crises. Il est le fondateur de Québec Preppers, une plateforme dédiée à la préparation citoyenne responsable, à l’autonomie fonctionnelle et à la réduction des impacts humains lors de situations d’urgence plausibles. Son approche repose sur la pédagogie, la mise en pratique progressive et l’adaptation au contexte réel, en conformité avec les cadres légaux et les bonnes pratiques en sécurité civile.
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