Que faire en cas d’incident à bord d’un navire ?

Par Le citoyen prévoyant - Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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Que faire en cas d'incident à bord d'un navire ?
Que faire en cas d'incident à bord d'un navire ?

Un traversier qui assure une liaison quotidienne, un ferry transatlantique, un navire de croisière en Méditerranée ou dans le Saint-Laurent — les contextes maritimes fréquentés par les voyageurs francophones sont variés, mais ils partagent une caractéristique commune : en cas d’incident grave, les passagers sont à distance de tout secours terrestre et dépendent en premier lieu des équipements et des procédures à bord.

Au Québec, les traversiers de la Société des traversiers du Québec (STQ) transportent plusieurs millions de passagers par année sur le Saint-Laurent et le Saguenay. En France, les liaisons transmanche, méditerranéennes et vers les îles — Corse, Antilles, Réunion — représentent des dizaines de millions de passagers annuels. Les croisières, en croissance constante, ajoutent une dimension supplémentaire avec des navires pouvant transporter plusieurs milliers de personnes.

Les incidents maritimes graves restent statistiquement rares. Mais leur déroulement — signal d’alarme, rassemblement aux postes de sécurité, embarquement dans les embarcations de secours — suit une séquence standardisée que chaque passager peut connaître avant de monter à bord.

La convention internationale SOLAS (Safety of Life at Sea), administrée par l’Organisation Maritime Internationale, établit les normes de sécurité auxquelles sont soumis tous les navires commerciaux de passagers. Les procédures décrites dans ce guide s’appuient sur ce cadre de référence, sans en faire une prescription.

Comprendre la dynamique d’un incident maritime

Un incident à bord d’un navire diffère fondamentalement d’un accident terrestre ou aérien par sa durée potentielle. Un navire ne coule pas en quelques secondes — sauf cas extrêmes. La séquence d’un incident grave donne généralement du temps : pour alerter, pour organiser, pour évacuer. Ce temps est une ressource précieuse — à condition de savoir comment l’utiliser.

Les types d’incidents les plus fréquents

Incendie à bord

L’incendie est l’incident le plus redouté en mer — la fumée se propage rapidement dans les coursives confinées d’un navire et les options d’évacuation de l’équipage et des passagers sont limitées à la surface du navire. Les navires modernes sont équipés de systèmes de détection et d’extinction automatiques, mais un incendie non maîtrisé peut forcer l’abandon du navire.

Voie d’eau et envahissement

Une collision, un échouement ou une avarie de coque peut provoquer une entrée d’eau. La vitesse d’envahissement dépend de la taille de la brèche et de la compartimentation du navire. Les traversiers et ferries modernes sont conçus pour flotter en cas d’envahissement partiel — mais la gîte (inclinaison) du navire peut compliquer l’accès aux embarcations de secours avant l’évacuation complète.

Avarie en conditions météo sévères

Une panne de propulsion ou de gouvernail par mer forte place un navire en situation dangereuse — dérive vers des zones rocheuses, gîte excessive dans la houle, risque de retournement pour les petites unités. Dans ce contexte, les passagers peuvent être appelés à se rassembler dans des zones désignées pour abaisser le centre de gravité collectif et faciliter l’accès aux embarcations si l’abandon devient nécessaire.

Incident de sécurité ou médical de masse

Un navire de croisière transportant plusieurs milliers de passagers constitue un environnement fermé où une épidémie, un incident de sécurité ou un accident collectif peut générer une situation de masse difficile à gérer en mer. Dans ces cas, les passagers sont généralement confinés dans des zones désignées pendant que l’équipage gère l’incident.

La gîte — le facteur aggravant le moins anticipé

Quand un navire commence à gîter — s’incliner latéralement sous l’effet d’une voie d’eau ou d’un déplacement de masse — les escaliers deviennent des pentes, les portes s’ouvrent ou se ferment toutes seules, et les distances aux postes de sécurité se modifient. Un navire avec une gîte de 20 à 30 degrés est déjà très difficile à circuler pour quelqu’un qui n’y est pas préparé mentalement. Anticiper cette possibilité change la façon de se déplacer à bord dès les premières secondes d’un incident.

Le signal d’abandon : reconnaître l’alarme et agir

Le signal d’alarme maritime est standardisé internationalement — sept coups courts suivis d’un coup long sur la corne de brume ou le système d’alarme interne du navire. Ce signal signifie : rejoindre immédiatement son poste de rassemblement avec son gilet de sauvetage.

Le signal d’abandon : 7 coups courts + 1 coup long. Ce signal est le même sur tous les navires commerciaux de passagers dans le monde. Le reconnaître avant d’en avoir besoin est la préparation la plus simple possible à un incident maritime.

Les différentes alarmes à bord

Alarme générale

Signal continu ou intermittent selon les navires — indique une situation d’urgence à bord sans nécessairement déclencher l’évacuation. L’action recommandée : rester dans sa cabine ou dans une zone sécurisée et attendre les instructions de l’équipage diffusées par le système de sonorisation.

Signal d’abandon

7 coups courts + 1 coup long — signal d’évacuation immédiate. L’action requise : prendre son gilet de sauvetage, se rendre immédiatement au poste de rassemblement indiqué sur la carte de sécurité de la cabine, sans passer par d’autres zones.

Le chemin vers le poste de rassemblement

Chaque navire commercial désigne des postes de rassemblement — des zones du pont supérieur depuis lesquelles les embarcations de secours sont accessibles. Ces postes sont indiqués sur la carte de sécurité affichée dans chaque cabine, et généralement signalés par des pictogrammes verts tout au long du navire. Les repérer dès l’embarquement — avant d’en avoir besoin — est la première action utile à bord.

Sur un grand navire de croisière, le chemin depuis une cabine intérieure au pont 6 jusqu’au poste de rassemblement au pont 14 peut traverser plusieurs couloirs, escaliers et portes coupe-feu. Ce trajet, qui prend deux minutes dans des conditions normales, peut prendre bien plus longtemps dans l’obscurité, avec de la fumée, ou sur un navire qui gîte. L’avoir fait mentalement une fois à bord change radicalement la réaction en urgence.

Regard terrain : les exercices d’abandon du navire (musters) obligatoires dans les premières 24 heures suivant l’embarquement sont régulièrement bâclés par les passagers — présence physique sans attention réelle, téléphone en main, conversations parallèles. Ces exercices contiennent pourtant des informations spécifiques au navire que nulle formation générale ne peut remplacer : localisation précise du poste de rassemblement, fonctionnement du gilet de sauvetage spécifique à bord, signal sonore du navire. Les prendre au sérieux est un investissement de quinze minutes à l’échelle d’une croisière d’une semaine.

Actions prioritaires selon la situation

Dès l’activation du signal d’abandon

1. Prendre son gilet de sauvetage

Le gilet de sauvetage se trouve sous le lit ou dans un placard désigné de la cabine selon les navires — sa localisation est indiquée sur la carte de sécurité. L’enfiler correctement prend moins d’une minute si on l’a pratiqué lors du muster. Un gilet mal attaché peut se retourner dans l’eau et maintenir le visage sous la surface.

2. S’habiller chaudement

L’hypothermie est la principale cause de décès lors de naufrages — plus encore que la noyade. Prendre 60 secondes pour enfiler des vêtements chauds, des chaussures fermées et un imperméable si disponible avant de quitter la cabine peut faire une différence significative lors d’une attente prolongée sur un pont exposé ou dans une embarcation de secours.

3. Se rendre au poste de rassemblement

Se déplacer calmement et directement vers le poste désigné sans détour par d’autres zones du navire. Ne pas utiliser les ascenseurs — ils peuvent être coupés en cours d’utilisation si l’alimentation électrique est affectée. Longer les parois dans les couloirs étroits pour conserver son équilibre si le navire gîte.

4. Suivre les instructions de l’équipage

L’équipage est formé et exercé aux procédures d’abandon. À bord d’un navire commercial, l’abandon est une opération structurée — chaque membre d’équipage a un rôle précis. Suivre leurs instructions sans improviser permet à cette organisation de fonctionner efficacement.

Embarquement dans les embarcations de secours

Les canots de sauvetage modernes sont des embarcations fermées, motorisées, avec une autonomie de plusieurs jours — très différentes des chaloupes ouvertes de l’imaginaire collectif. L’embarquement se fait depuis les ponts supérieurs via des passerelles ou directement depuis le pont, selon la configuration du navire. L’équipage gère la mise à l’eau — les passagers embarquent et restent assis selon les instructions.

Les radeaux de sauvetage gonflables constituent une alternative aux canots — ils sont déployés par l’équipage ou automatiquement lors du naufrage. Moins confortables mais nombreux à bord, ils offrent un abri aux passagers qui n’auraient pas pu embarquer dans les canots.

Si le navire gîte fortement : les embarcations de secours du côté surélevé peuvent être difficiles ou impossibles à mettre à l’eau. Dans ce cas, l’équipage redirige vers les embarcations du côté immergé, ou vers les radeaux gonflables. Suivre les indications sans tenter d’accéder à une embarcation spécifique de façon autonome.

Si l’abandon du navire sans embarcation est nécessaire

Le saut à la mer en dernier recours — embarcations indisponibles, navire en train de couler rapidement — suit une procédure précise pour éviter les blessures à l’impact et la désorientation sous l’eau. Sauter les pieds en premier, jambes serrées, une main couvrant le nez et la bouche, l’autre tenant le gilet sur la poitrine. Viser une zone sans débris visibles. Après l’immersion, regonfler le gilet manuellement si nécessaire et s’éloigner du navire pour éviter l’aspiration lors du naufrage.

La distance de sécurité du navire en train de couler : un navire qui coule peut générer un courant d’aspiration et des turbulences sous-marines dans un rayon de 30 à 50 mètres autour de l’épave. Nager activement hors de cette zone dès le saut à la mer est prioritaire avant de se laisser flotter.

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Les erreurs les plus fréquentes

Ne pas assister au muster d’abandon

L’exercice d’abandon obligatoire dans les 24 premières heures de navigation est la seule occasion de localiser concrètement son poste de rassemblement, d’entendre le signal sonore spécifique au navire et de voir le fonctionnement du gilet de sauvetage disponible à bord. Le manquer, ou y participer sans attention réelle, prive d’informations non disponibles ailleurs.

Retourner dans sa cabine lors d’une évacuation

Une fois le signal d’abandon déclenché et l’évacuation commencée, retourner dans sa cabine chercher un objet oublié peut bloquer les couloirs, désorienter l’équipage qui effectue les rondes de vérification, et exposer à une zone que les coursives ou ponts intérieurs peuvent rendre inaccessibles si le navire gîte davantage.

Sauter à la mer prématurément

Sauter à la mer avant l’ordre d’abandon ou sans embarcation de sauvetage dans les environs prive des ressources disponibles sur le navire et expose immédiatement à l’hypothermie et à l’épuisement. Un navire, même en difficulté, est un meilleur abri que l’eau froide tant qu’il reste à flot. La décision de sauter ne s’improvise pas — elle se prend sur instruction de l’équipage ou face à un danger immédiat et certain (feu inarrêtable, naufrage imminent).

Mal enfiler le gilet de sauvetage

Un gilet mal attaché — sangles trop lâches, positionnement incorrect — peut se retourner à l’eau et maintenir la tête vers le bas au lieu de la maintenir hors de l’eau. Le gilet de sauvetage maritime est conçu pour retourner automatiquement un passager inconscient sur le dos et maintenir son visage hors de l’eau — mais seulement s’il est correctement porté. L’exercice lors du muster est l’occasion de vérifier cela.

Utiliser les ascenseurs

Les ascenseurs d’un navire en urgence peuvent être coupés en cours d’utilisation si l’alimentation électrique est affectée ou si l’équipage les désactive pour les réserver aux opérations de secours. Se retrouver bloqué dans un ascenseur lors d’un naufrage est un scénario documenté. Les escaliers sont toujours la voie d’évacuation maritime.

Négliger l’hypothermie dans les premières heures

Dans une embarcation de sauvetage ou dans l’eau, le froid agit progressivement et discrètement. Un passager qui se sent encore fonctionnel après 20 minutes dans une eau à 10 °C peut perdre ses capacités motrices dans les 20 minutes suivantes. La gestion thermique — s’abriter du vent, se serrer contre d’autres survivants, limiter les mouvements qui accélèrent la perte de chaleur — commence dès la sortie du navire, pas quand les premiers symptômes apparaissent.

Et avec des enfants à bord ?

Les voyages en ferry et en croisière sont fréquemment des déplacements familiaux. Quelques points spécifiques à anticiper avec des enfants.

Les gilets de sauvetage pour enfants sont rangés séparément des gilets adultes — généralement dans le même espace (sous le lit, dans le placard), mais identifiés par taille. Leur localisation est indiquée sur la carte de sécurité de la cabine. Les vérifier dès l’installation dans la cabine, avant même de défaire les bagages, prend trente secondes et évite de les chercher dans l’urgence.

Les enfants en bas âge portent des gilets de sauvetage spécialement conçus avec un collier de maintien de la tête — leur fonctionnement diffère du gilet adulte. L’exercice lors du muster est l’occasion de vérifier son enfilage et son ajustement sur l’enfant spécifique, pas sur un enfant générique.

Établir un point de rendez-vous avec les enfants plus grands : sur un grand navire, un enfant de 10 ans peut se déplacer seul vers le poste de rassemblement si les parents sont séparés lors d’un incident nocturne. Lui montrer le chemin vers le poste de rassemblement dès l’embarquement, et établir un point de rendez-vous secondaire si le premier est inaccessible, lui donne les outils pour agir seul si nécessaire.

La nuit est le contexte le plus difficile pour les familles — un signal d’abandon à 3h du matin dans une cabine intérieure sans fenêtre est une expérience désorientante pour un adulte et potentiellement paralysante pour un enfant. En parler simplement le jour de l’embarquement — « si on entend une alarme la nuit, on fait ça » — normalise le scénario et réduit la réaction de panique.

Dans l’eau ou sur une embarcation de secours

Dans l’eau en attente de secours

La priorité absolue dans l’eau est la gestion thermique. L’hypothermie tue plus de naufragés que la noyade — particulièrement dans les eaux du Saint-Laurent, de l’Atlantique nord ou de la Méditerranée en hiver. La position HELP (Heat Escape Lessening Posture) — genoux remontés contre la poitrine, bras serrés contre les flancs — réduit la perte de chaleur corporelle dans l’eau d’environ 50 % par rapport à la position de nage. Elle est applicable avec un gilet de sauvetage qui maintient la tête hors de l’eau.

Si plusieurs personnes sont dans l’eau, se regrouper en cercle serré — la position dite « grappe humaine » — réduit la surface corporelle exposée à l’eau froide pour l’ensemble du groupe et améliore la visibilité collective pour les secours.

Dans un canot ou un radeau de sauvetage

Une fois à bord d’une embarcation de secours, les priorités sont : rester à l’intérieur du canot ou du radeau (ne pas tenter de nager vers ce qui semble être la côte), se protéger des intempéries avec les équipements disponibles à bord, utiliser les signaux de détresse — fusées, miroir, balise EPIRB si présente — pour faciliter la localisation par les secours, et rationner l’eau douce disponible.

Les canots de sauvetage modernes sont équipés d’une trousse de survie standardisée — eau et rations alimentaires pour plusieurs jours, trousse de premiers secours, fusées éclairantes, miroir de signalisation, pompe de vidange. En connaître l’existence évite de paniquer face à une situation d’attente qui peut durer plusieurs heures.

Alerter les secours

Les navires commerciaux émettent un signal de détresse automatique (MAYDAY) via leur équipement de communication dès la déclaration d’une urgence grave. Les garde-côtes et centres de coordination de sauvetage maritime (MRCC) — Centre conjoint de coordination de sauvetage Maritime de Halifax et Québec au Canada, CROSS en France — sont alertés et coordonnent l’intervention. En tant que passager dans une embarcation de secours, la contribution la plus utile est de maintenir la signalisation visuelle et de conserver ses forces.

Préparation simple avant d’embarquer

À l’arrivée dans la cabine

  • Lire la carte de sécurité affichée dans la cabine — localisation du poste de rassemblement, numéro de la cabine sur le plan d’évacuation
  • Localiser les gilets de sauvetage adultes et enfants et vérifier leur accessibilité
  • Faire mentalement le chemin vers le poste de rassemblement — noter le nombre de ponts à monter et les couloirs à traverser
  • Identifier les sorties de secours les plus proches de la cabine

Préparation thermique

  • Avoir dans la cabine des vêtements chauds facilement accessibles — même en croisière estivale en Méditerranée, les ponts exposés et les eaux peuvent être froids
  • Des chaussures fermées à portée de main — les pieds nus sur un pont métallique mouillé ou dans une embarcation de secours sont une source de blessures et de perte thermique
  • Un imperméable léger dans le bagage cabine lors des traversées à risque météo

Le réflexe le plus simple et le plus négligé : mémoriser le signal d’abandon — 7 coups courts, 1 coup long — et l’associer mentalement à une action claire : prendre le gilet, s’habiller, aller au poste de rassemblement. Cette association prend dix secondes à établir et peut réduire significativement le délai de réaction lors d’un incident nocturne ou lors d’une situation de surprise.

À retenir

Incident à bord d’un navire — les réflexes essentiels :

  • ✔ Signal d’abandon : 7 coups courts + 1 coup long — mémoriser ce signal avant le départ
  • ✔ À l’embarquement : localiser le poste de rassemblement, le gilet, les sorties de secours
  • ✔ Participer activement au muster d’abandon dans les 24 premières heures
  • ✔ Au signal d’abandon : gilet de sauvetage, vêtements chauds, poste de rassemblement
  • ✔ Se déplacer par les escaliers — jamais les ascenseurs en situation d’urgence
  • ✔ Suivre les instructions de l’équipage pour l’embarquement dans les embarcations
  • ✔ Dans l’eau : position HELP, regroupement en grappe si plusieurs personnes
  • ✔ Dans l’embarcation : rester à bord, conserver sa chaleur, maintenir la signalisation

Ne pas :

  • ✘ Utiliser les ascenseurs lors d’une évacuation
  • ✘ Retourner dans sa cabine une fois l’évacuation commencée
  • ✘ Sauter à la mer sans ordre de l’équipage ou danger immédiat et certain
  • ✘ Négliger l’hypothermie dans les premières minutes dans l’eau ou sur un pont exposé

Questions fréquentes

Combien de temps un navire met-il à couler après une avarie grave ?

La réponse varie considérablement selon le type de navire, la nature et la taille de la brèche, et la compartimentation à bord. Les traversiers et ferries modernes sont conçus selon des normes SOLAS qui imposent qu’ils restent à flot pendant un délai minimum permettant l’évacuation complète des passagers, même en cas d’envahissement de plusieurs compartiments. Ce délai est généralement de plusieurs heures pour un navire en état de navigabilité normale. Les navires plus anciens ou ceux ayant subi des dommages structurels peuvent avoir des comportements différents. La règle pratique : ne pas supposer qu’on a le temps, mais ne pas supposer non plus que c’est immédiat.

Est-il vrai que les femmes et les enfants sont prioritaires dans les embarcations de secours ?

Cette règle, issue de la tradition maritime du XIXe siècle et rendue célèbre par le naufrage du Titanic, n’a pas de base légale contemporaine dans les réglementations maritimes actuelles. Les procédures modernes d’abandon de navire organisent l’embarquement par zone et par poste de rassemblement, sans distinction de genre. Les personnes à mobilité réduite et les enfants non accompagnés bénéficient d’une assistance prioritaire de l’équipage. L’ordre d’embarquement est coordonné par le personnel formé à cet effet.

Comment fonctionnent les gilets de sauvetage modernes — se gonflent-ils automatiquement ?

Les gilets de sauvetage disponibles dans les cabines de navires de passagers sont généralement de type gonflable avec double déclenchement : automatique au contact de l’eau (via une cartouche à dissoudre) et manuel (via une tirette). Certains modèles sont entièrement manuels. Le déclenchement automatique est conçu pour les personnes inconscientes — un passager conscient et valide peut gonfler son gilet manuellement. Le fonctionnement exact varie selon les modèles et les navires — c’est précisément pourquoi le muster d’abandon mérite une attention réelle.

Que faire si le signal d’abandon se déclenche la nuit dans une cabine intérieure sans fenêtre ?

C’est le scénario le plus désorientant — obscurité complète, signal sonore, absence de repère visuel sur l’extérieur. La préparation de la veille devient déterminante : avoir identifié mentalement le chemin vers le poste de rassemblement, avoir les vêtements chauds et les chaussures accessibles dans l’obscurité, savoir où est le gilet. La lumière de la téléphone aide à se repérer dans la cabine. Une fois dans les couloirs, les signaux de sortie de secours sont éclairés en vert et guident vers les ponts supérieurs.

Les traversiers du Saint-Laurent au Québec suivent-ils les mêmes règles de sécurité ?

Oui — les traversiers opérant au Canada sont soumis à la réglementation de Transports Canada, qui s’aligne sur les conventions SOLAS de l’Organisation Maritime Internationale pour les navires de passagers. Les exercices d’abandon, les équipements de sauvetage et les procédures d’urgence sont réglementés de façon analogue aux normes européennes. Les traversiers de la STQ effectuant de courtes liaisons — Québec–Lévis, Sorel–Saint-Ignace — ont des procédures adaptées à leur configuration spécifique, généralement présentées lors des annonces de sécurité au départ.

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Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
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Mathieu Montaroux est un expert reconnu en préparation aux situations d’urgence, en sécurité civile et en planification d’évacuation au Québec. Fort de ses expériences dans les forces armées, comme paramedic et en tant qu’analyste et gestion de risques, il accompagne depuis plusieurs années les organisations, les familles et les citoyens dans l’amélioration de leur capacité de préparation et de résilience face aux crises. Il est le fondateur de Québec Preppers, une plateforme dédiée à la préparation citoyenne responsable, à l’autonomie fonctionnelle et à la réduction des impacts humains lors de situations d’urgence plausibles. Son approche repose sur la pédagogie, la mise en pratique progressive et l’adaptation au contexte réel, en conformité avec les cadres légaux et les bonnes pratiques en sécurité civile.
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