- Comprendre le principe de l’appentis
- Ce qui fonctionne réellement
- Matériel minimal (sans suréquipement)
- Choisir l’emplacement
- Construction étape par étape
- 1) Préparer la zone
- 2) Installer la perche dorsale
- 3) Poser les perches latérales (la pente)
- 4) Ajouter quelques traverses
- 5) Appliquer la couverture (la partie la plus importante)
- 6) Isoler le sol
- Les erreurs fréquentes
- Améliorations simples (si vous restez plus longtemps)
- Considérations légales et éthiques
- Application concrète : votre mini-checklist avant la nuit
- À lire ensuite
Construire un appentis : guide simple pour débutants (abri incliné)
L’appentis est un abri temporaire très simple : une structure inclinée qui coupe le vent et améliore le confort en cas de pluie ou de refroidissement. Ce guide vous montre une méthode claire, réaliste et respectueuse de l’environnement pour le construire en conditions normales de plein air.
Contexte : un appentis est un abri de fortune destiné à améliorer le confort et la protection sur une courte période. Il ne remplace pas un équipement adapté, ni un campement autorisé. Avant de construire quoi que ce soit, vérifiez les règles locales (parcs, terres publiques, propriétés privées) et appliquez une approche Leave No Trace.
Comprendre le principe de l’appentis
Un appentis est un “toit” incliné : une perche dorsale (support) + des perches latérales (pente) + une couverture (végétation ou toile). Il protège surtout contre le vent et la pluie venant d’une direction. Il est rapide à monter et demande peu de matériaux, mais il isole moins qu’un abri fermé.
Un bon appentis n’est pas “beau” : il est orienté correctement, il draine l’eau, et il garde votre zone de couchage sèche. Tout le reste est secondaire.
Ce qui fonctionne réellement
- Orientation : dos au vent dominant, ouverture abritée.
- Pente suffisante : l’eau doit s’écouler (pente marquée).
- Couverture épaisse : mieux vaut peu de structure et beaucoup de couverture.
- Sol isolé : l’humidité et le froid viennent d’abord du sol.
Matériel minimal (sans suréquipement)
Outils utiles
- Couteau robuste (et/ou scie pliante si vous en avez une)
- Cordelette (ou cordage léger) pour quelques ligatures
- Gants (optionnel, mais pratique)
Matériaux
- 1 perche dorsale (plus longue que votre taille)
- 5 à 8 perches latérales (pour la pente)
- Couverture : branches feuillues, conifères, herbes longues, fougères (selon le milieu)
- Option confort : une bâche/toile si vous en avez (beaucoup plus rapide et propre)
Choisir l’emplacement
Avant de construire, prenez quelques minutes pour choisir un site sûr : c’est souvent la différence entre une nuit “correcte” et une nuit humide (ou risquée).
- Évitez : creux humides, zones d’écoulement, branches mortes au-dessus, berges instables.
- Privilégiez : terrain légèrement surélevé, sol ferme, drainage naturel, abri contre le vent.
- Distance de l’eau : assez proche pour y accéder, assez loin pour éviter humidité et surprises.
Astuce simple : observez la végétation et le sol. Si tout est couché dans une direction, si le sol est spongieux, ou si vous voyez des “traces d’eau” même par temps sec : changez d’endroit.
Construction étape par étape
1) Préparer la zone
- Dégagez les branches, pierres et objets pointus.
- Choisissez l’endroit où sera votre zone de couchage (au sec, légèrement en retrait).
- Gardez de côté feuilles et matières souples : elles serviront à isoler le sol.
2) Installer la perche dorsale
Deux options simples :
- Entre deux arbres : fixez la perche dorsale à hauteur confortable (environ poitrine/épaules).
- Avec deux supports : deux fourches solides plantées dans le sol + perche posée dans les fourches.
Plus la perche dorsale est haute, plus l’abri est spacieux… mais plus il devient difficile à “fermer” avec une couverture épaisse. Pour débuter : visez une hauteur raisonnable, facile à couvrir.
3) Poser les perches latérales (la pente)
- Appuyez les perches contre la perche dorsale, en les espaçant régulièrement.
- Donnez une pente marquée pour faciliter l’écoulement de l’eau.
- Stabilisez les bases au sol (ancrage léger + ligature si nécessaire).
4) Ajouter quelques traverses
- Placez 3 à 4 branches horizontales pour “tenir” la couverture.
- Fixez simplement : l’objectif est d’éviter que tout glisse.
5) Appliquer la couverture (la partie la plus importante)
La méthode la plus fiable est la pose “en tuiles” : vous commencez par le bas et vous remontez, en superposant les couches pour que l’eau ruisselle vers l’extérieur.
- Commencez par une couche de base (branches larges / support).
- Ajoutez des couches végétales en superposition (comme des bardeaux).
- Visez une couverture épaisse, surtout sur les zones exposées au vent et à la pluie.
- Terminez par une couche de maintien (branches plus lourdes) pour éviter que tout s’envole.
6) Isoler le sol
- Ajoutez une couche épaisse de matières sèches (feuilles, aiguilles, herbes).
- Créez une surface “propre” pour votre matériel (petites branches, écorces tombées, etc.).
- Si vous avez un matelas/isolant : utilisez-le (c’est souvent plus déterminant que l’abri lui-même).
Les erreurs fréquentes
Les débutants échouent rarement “par manque d’outils”. Ils échouent parce que la logique de base n’est pas respectée : orientation, pente, couverture, sol.
- Pente trop faible : l’eau stagne et finit par entrer.
- Couverture trop mince : le vent et la pluie passent.
- Mauvaise orientation : ouverture face au vent dominant.
- Sol non isolé : inconfort, humidité, perte de chaleur.
- Site mal choisi : humidité, branches dangereuses, drainage nul.
Améliorations simples (si vous restez plus longtemps)
- Fermez un côté si le vent tourne (mur latéral léger).
- Renforcez les points de fixation après une pluie ou une rafale.
- Ajoutez de la couverture chaque jour : c’est le meilleur “upgrade”.
- Si vous avez une bâche : utilisez-la comme couche principale et gardez la végétation pour l’isolation et la discrétion.
Considérations légales et éthiques
Construire un abri en milieu naturel implique une responsabilité. Votre objectif doit être de minimiser l’impact et de respecter les règles du lieu.
- Prélevez en priorité du matériel tombé et déjà au sol.
- Évitez d’abîmer des arbres vivants (écorce, coupes inutiles).
- Démontez et dispersez les matériaux avant de partir (Leave No Trace).
- Renseignez-vous sur les règlements (camping sauvage, parcs, terres privées).
Application concrète : votre mini-checklist avant la nuit
À vérifier : site sûr, ouverture dos au vent, pente marquée, couverture épaisse, sol isolé, matériel accessible. Si un point manque, corrigez-le avant de vous installer.
À lire ensuite
Position Québec Preppers : apprendre des compétences utiles, testables et responsables. L’objectif n’est pas de “survivre à tout”, mais de réduire les imprévus et d’être plus autonome en plein air, sans nuire au milieu naturel ni contourner les règles.
Rédaction : Mathieu Montaroux — expert en mesures d’urgence, sécurité civile et préparation citoyenne.





