Que faire en cas d’atterrissage d’urgence ?

Par Le citoyen prévoyant - Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
25 Min Read
Que faire en cas d'atterrissage d'urgence ?
Que faire en cas d'atterrissage d'urgence ?

L’aviation commerciale est le mode de transport le plus sûr par kilomètre parcouru — les statistiques le confirment année après année. Mais cette réalité statistique ne retire rien à l’utilité de connaître les bons réflexes à bord. Les accidents aériens mortels sont rares ; les incidents qui nécessitent une évacuation d’urgence sans fatalités sont nettement plus fréquents — et leur issue dépend en partie du comportement des passagers dans les premières minutes.

Les enquêtes conduites après des évacuations d’urgence réussies montrent un constat récurrent : les passagers qui survivent à un impact survivable sont souvent ceux qui avaient lu la carte de sécurité, repéré les sorties et compris le fonctionnement du toboggan. Ce n’est pas une question de chance — c’est une question de préparation de quelques minutes avant le décollage.

Ce guide s’adresse aux passagers des vols commerciaux — la configuration la plus courante pour les voyageurs francophones entre le Québec, la France et les destinations internationales. Les principes s’appliquent à la majorité des appareils de transport de passagers.

Les autorités de l’aviation civile — Transport Canada, la DGAC en France, l’EASA en Europe — ont établi des normes de sécurité strictes pour les appareils commerciaux et leur équipage. Les procédures décrites ici s’appuient sur ces cadres de référence, en complément du rôle central du personnel navigant lors d’une urgence.

Comprendre la dynamique d’un atterrissage d’urgence

Un atterrissage d’urgence n’est pas nécessairement un crash catastrophique. La majorité des évacuations d’urgence en aviation commerciale se produisent lors d’atterrissages d’urgence précautionneux — problème mécanique, sortie de piste, fumée en cabine — où l’appareil reste globalement intact et où l’évacuation est la priorité immédiate.

Les différents types d’atterrissage d’urgence

Atterrissage précautionneux planifié

L’équipage décide de se poser en urgence suite à un problème détecté — défaillance d’un système, fumée, problème hydraulique. Le temps de préparation disponible peut être de plusieurs minutes. C’est le scénario le plus favorable : l’équipage donne les consignes, les passagers ont le temps de se préparer.

Impact soudain non planifié

Collision au sol, perte de contrôle soudaine, impact violent sans avertissement préalable. Le temps de réaction est nul ou quasi-nul. Dans ce cas, c’est la préparation préalable — position dans l’avion, connaissance des sorties, réflexes intégrés — qui détermine la réaction.

Amerrissage

Atterrissage d’urgence sur une surface aquatique. Relativement rare mais documenté — le vol US Airways 1549 sur l’Hudson en 2009 en est l’exemple le plus médiatisé. Les procédures d’évacuation diffèrent de celles sur terre : gilets de sauvetage, radeaux de survie, sortie avant que l’appareil ne commence à couler.

Évacuation pour incendie ou fumée

Un incendie ou une fumée en cabine peut se développer rapidement. La fumée toxique issue de la combustion de matériaux synthétiques peut incapaciter les passagers en quelques minutes. L’évacuation rapide — en dessous de 90 secondes selon les normes de certification des appareils commerciaux — est la priorité absolue.

Le chiffre à retenir : 90 secondes

Les appareils commerciaux sont certifiés pour une évacuation complète en moins de 90 secondes — en utilisant la moitié des sorties disponibles, dans des conditions de simulation incluant fumée et obscurité partielle. Ce chiffre n’est pas une garantie — c’est un standard de conception qui dépend du comportement des passagers pour être atteint. Chaque passager qui récupère ses bagages, hésite à l’entrée du toboggan ou bloque une sortie allonge ce temps pour l’ensemble des occupants.

Avant l’impact : la préparation qui change tout

La majorité des atterrissages d’urgence planifiés donnent aux passagers plusieurs minutes pour se préparer. Ces minutes sont la ressource la plus précieuse du scénario — leur utilisation détermine directement la qualité de la réaction lors de l’impact et de l’évacuation.

Les consignes du personnel navigant

Le personnel de cabine est formé spécifiquement aux procédures d’urgence — bien plus que tout passager, quelle que soit son expérience de voyageur fréquent. Lors d’une urgence déclarée, leurs instructions sont la priorité absolue. Écouter, appliquer, ne pas improviser de variante personnelle.

La position de sécurité — s’y préparer mentalement

Avant l’impact annoncé, adopter mentalement la position de sécurité et identifier les objets qui pourraient interférer — lunettes, stylo dans la poche de poitrine, chaussures à talons. Desserrer la ceinture abdominale pour qu’elle soit serrée mais non bloquante. S’assurer que la tablette est remontée et le siège en position verticale.

Repérer les sorties depuis son siège : compter le nombre de rangées entre son siège et la sortie la plus proche — devant et derrière. En cas d’obscurité ou de fumée, ce repère numérique permet de se guider en comptant les dossiers à tâtons. Les enquêtes post-accident montrent que cette technique simple, apprise lors de formations de survie aérienne, a permis à des passagers de trouver une sortie dans une cabine entièrement enfumée.

Le gilet de sauvetage — avant l’impact, pas après

En cas d’amerrissage annoncé, sortir le gilet de sauvetage de son emballage et l’enfiler avant l’impact — sans le gonfler encore. Un gilet gonflé à l’intérieur de la cabine lors d’un amerrissage peut empêcher physiquement de nager vers une sortie si la cabine est partiellement immergée. Le gonflement se fait une fois à l’extérieur de l’appareil.

Au moment de l’impact : la position de sécurité

La position de sécurité — ou position de protection — est conçue pour réduire les blessures lors d’un impact violent. Elle est enseignée dans toutes les formations de sécurité aérienne et affichée sur la carte de sécurité de chaque appareil commercial.

Siège face à la direction du vol (configuration standard)

  • Se pencher en avant, tête posée sur les avant-bras croisés sur le dossier du siège devant — ou sur les genoux si le siège est suffisamment proche
  • Pieds à plat sur le sol, légèrement en retrait par rapport aux genoux
  • Ceinture serrée, basse sur les hanches
  • Mains protégeant la nuque si la position de base n’est pas tenable

Siège face à l’arrière (certains appareils, sièges d’urgence)

  • S’appuyer fermement contre le dossier du siège, tête contre l’appui-tête
  • Bras croisés sur la poitrine ou mains à plat sur les cuisses
  • Pieds à plat sur le sol
  • Les sièges orientés vers l’arrière offrent statistiquement une meilleure protection lors d’un impact frontal

Regard terrain : la controverse sur la position de sécurité — certains passagers pensent qu’elle aggrave les blessures — est documentée et infondée selon les données disponibles. L’analyse des accidents aériens survivables par les autorités de l’aviation civile confirme de façon constante que la position de protection réduit les blessures à la tête, au cou et aux membres supérieurs lors d’un impact. La croyance contraire circule depuis des décennies sans fondement factuel sérieux.

L’évacuation : les 90 secondes critiques

Après l’immobilisation de l’appareil, la phase d’évacuation commence. C’est la séquence la plus exigeante — elle demande rapidité, discipline et la capacité à ignorer des réflexes instinctifs contre-productifs.

Dès l’immobilisation

Détacher la ceinture immédiatement — sans hésitation. C’est le premier geste. Puis évaluer en deux secondes : la sortie la plus proche est-elle accessible et dégagée ? Y a-t-il de la fumée qui impose de s’abaisser ? Le personnel navigant donne-t-il des instructions ? Agir en conséquence.

Règle absolue : ne pas prendre ses bagages. Pas le bagage à main. Pas le manteau dans le compartiment supérieur. Pas le téléphone dans la poche du siège. Chaque seconde passée à récupérer un bagage est une seconde perdue — pour soi et pour les passagers derrière. Les enquêtes post-évacuation documentent systématiquement des passagers arrivant au toboggan avec un bagage à main, ralentissant l’évacuation de l’ensemble de la rangée.

Utiliser le toboggan d’évacuation

Le toboggan se déploie automatiquement à l’ouverture de la porte d’urgence par le personnel navigant. Il est conçu pour une descente rapide — s’asseoir bord de porte, bras croisés sur la poitrine, jambes serrées, et se laisser glisser sans hésitation. Ne pas s’arrêter en haut du toboggan pour évaluer — cela bloque les passagers qui suivent. Une fois en bas, s’éloigner immédiatement du toboggan pour dégager la zone d’atterrissage.

En présence de fumée

S’abaisser sous le niveau de fumée — rester debout dans une cabine enfumée réduit drastiquement le temps avant incapacitation. Se couvrir le nez et la bouche avec un tissu. Progresser vers la sortie en tenant les dossiers de siège — repère tactile en cas de visibilité nulle. Ne pas revenir en arrière chercher un objet ou une personne séparée.

Après la descente du toboggan

S’éloigner de l’appareil perpendiculairement à son axe, à au moins 100 mètres. Ne jamais rester sous les ailes ou à proximité des moteurs. Un incendie peut se propager rapidement, et une explosion ou une projection de carburant peut survenir sans avertissement. Se regrouper à distance et attendre les secours.

Cas de l’amerrissage

Sortir de l’appareil par les sorties désignées, gonfler le gilet uniquement une fois à l’extérieur. Se diriger vers les radeaux de survie déployés par le personnel navigant. Ne pas s’éloigner de l’appareil à la nage si les radeaux ne sont pas encore déployés — l’hypothermie en eau froide survient rapidement et l’appareil reste un repère visible pour les secours.

Atterrissage en zone isolée ou en hiver

Lors d’un atterrissage d’urgence en zone isolée — forêt boréale québécoise, zone arctique — la gestion thermique après évacuation devient une priorité immédiate. L’appareil, même endommagé, peut offrir un abri partiel. Regrouper les passagers, utiliser les couvertures et vêtements disponibles, et maintenir la signalisation pour les secours aériens.

Les erreurs les plus fréquentes

Ignorer les consignes de sécurité au décollage

La démonstration de sécurité avant le décollage est perçue par beaucoup de voyageurs fréquents comme une formalité inutile. Elle contient pourtant des informations spécifiques à l’appareil — localisation des sorties, fonctionnement du gilet, position de sécurité — qui varient d’un modèle à l’autre. Lire la carte de sécurité et écouter la démonstration prend trois minutes et ne se refait pas une fois en vol.

Récupérer ses bagages lors de l’évacuation

C’est l’erreur la plus documentée et la plus dangereuse lors des évacuations aériennes d’urgence. Des vidéos d’évacuations réelles montrent des passagers descendant le toboggan avec une valise cabine — ralentissant l’évacuation de dizaines de personnes. Certains pays envisagent des sanctions spécifiques pour ce comportement lors d’évacuations d’urgence réelles.

Hésiter en haut du toboggan

L’hésitation à s’élancer sur un toboggan d’évacuation — peur de la hauteur, incertitude sur la technique — est un comportement documenté lors des simulations d’évacuation. Chaque seconde d’hésitation bloque les passagers derrière. La technique est simple : s’asseoir, bras croisés, se laisser glisser. La préparer mentalement avant le vol réduit l’hésitation à zéro.

Gonfler le gilet de sauvetage dans la cabine

En cas d’amerrissage avec cabine partiellement immergée, un gilet gonflé à l’intérieur plaque le passager contre le plafond et l’empêche de nager vers une sortie sous-marine. Le gonflement se fait uniquement une fois à l’extérieur de l’appareil — c’est une consigne répétée à chaque démonstration de sécurité et régulièrement ignorée.

Utiliser une sortie bloquée par les flammes

Si une sortie présente des flammes ou une chaleur intense à l’ouverture, le personnel navigant la condamne et redirige vers une autre sortie. Suivre cette redirection sans hésiter — même si cela signifie rebrousser chemin dans la cabine vers une sortie plus éloignée. Une sortie vers les flammes est potentiellement mortelle.

Rester à proximité de l’appareil après évacuation

L’instinct de regroupement autour de l’appareil — pour attendre les proches, récupérer les bagages déposés au bas du toboggan, ou simplement par désorientation — maintient des passagers dans une zone à risque. Un incendie de carburant peut se propager en quelques secondes. S’éloigner immédiatement à au moins 100 mètres perpendiculairement à l’axe de l’appareil.

Les petits héros face aux catastrophes: 10 histoires pour apprendre à réagir et à être prêt à tout
Amazon.ca
C $21,65
Les petits héros face aux catastrophes: 10 histoires pour apprendre à réagir et à être prêt à tout
SOYEZ PRÉVOYANT: Un guide pour survivre aux pires scénarios catastrophes
Amazon.ca
C $24,95
SOYEZ PRÉVOYANT: Un guide pour survivre aux pires scénarios catastrophes
SURVIVRE À L'URGENCE INATTENDUE
Amazon.ca
C $33,61
SURVIVRE À L'URGENCE INATTENDUE
Amazon price updated: 1 mars 2026 11 h 18 min

Et avec des enfants à bord ?

Voyager en avion avec des enfants en bas âge introduit plusieurs variables spécifiques aux situations d’urgence aérienne.

Les enfants de moins de deux ans voyageant sur les genoux — pratique courante et autorisée sur la plupart des vols — ne disposent pas de ceinture dédiée et sont particulièrement exposés lors d’un impact. Les sièges auto homologués pour l’avion, bien que peu utilisés en pratique, offrent une protection significativement supérieure pour cette tranche d’âge.

La consigne qui surprend : lors d’une urgence en vol avec un masque à oxygène qui tombe, mettre son propre masque avant celui de l’enfant. Cette instruction, répétée à chaque démonstration de sécurité, va à l’encontre de l’instinct parental — mais elle est fondée sur une réalité physiologique : une hypoxie rapide peut incapaciter un adulte en moins de 15 secondes à haute altitude, rendant impossible toute assistance à l’enfant. Un adulte fonctionnel peut aider un enfant ; un adulte inconscient ne peut pas.

Pour les enfants en âge de comprendre : expliquer simplement avant le vol ce que signifient les sorties de secours éclairées en vert, où se trouve le gilet de sauvetage, et que si quelque chose arrive ils restent avec l’adulte qui les accompagne et font ce que le personnel de bord demande. Cette préparation de deux minutes normalise l’environnement et réduit la réaction de panique en cas d’urgence.

Après l’évacuation

Prise en charge médicale

L’adrénaline post-accident peut masquer des blessures significatives. Signaler aux secours toute douleur, même légère, au cou, au dos ou à la tête — particulièrement si un impact direct a eu lieu lors du choc. Une inhalation de fumée, même brève, justifie une évaluation médicale dans les heures suivantes.

En zone isolée — attente des secours

Lors d’un atterrissage d’urgence en zone isolée, les procédures de recherche et de sauvetage (SAR) sont déclenchées automatiquement si l’appareil est équipé d’une balise de détresse — ce qui est le cas de tous les appareils commerciaux. Rester groupé à proximité de l’appareil visible depuis l’air, utiliser tout moyen de signalisation disponible (miroir, tissu coloré, fumée contrôlée si sécuritaire), et gérer la chaleur ou le froid selon les conditions.

Gestion psychologique

Un atterrissage d’urgence, même sans blessure, est une expérience traumatisante. Les réactions post-traumatiques — refus de reprendre l’avion, cauchemars, hypervigilance en vol — sont normales dans les semaines suivant l’événement. Une reprise progressive, accompagnée si nécessaire d’un soutien psychologique, est préférable à l’évitement prolongé.

Préparation simple avant chaque vol

La préparation à un atterrissage d’urgence est la plus accessible de cette série — elle ne demande aucun équipement, aucune formation préalable, et s’intègre dans les premières minutes de chaque vol.

Avant et au décollage

  • Lire la carte de sécurité — elle est spécifique à l’appareil et contient des informations qui ne sont pas toujours couvertes par la démonstration verbale
  • Compter les rangées entre son siège et les deux sorties les plus proches — devant et derrière
  • Localiser le gilet de sauvetage sous son siège et vérifier son accessibilité
  • Écouter la démonstration de sécurité même si elle semble familière — les procédures varient selon les appareils

Choix du siège

  • Les sièges dans les rangées d’urgence offrent un accès direct aux sorties — ils demandent cependant une aptitude physique confirmée et la disponibilité à aider les autres passagers en cas d’urgence
  • Statistiquement, les sièges dans les dernières rangées de l’appareil sont légèrement mieux protégés lors des impacts frontaux — mais cette donnée est difficile à généraliser et ne devrait pas être le seul critère de choix
  • La proximité d’une sortie reste le facteur le plus pratique à considérer pour la préparation personnelle

La préparation mentale — le facteur le plus sous-estimé : visualiser mentalement la séquence d’évacuation — détacher la ceinture, se lever, compter les rangées jusqu’à la sortie, descendre le toboggan — avant le décollage prend moins d’une minute et ancre les réflexes qui permettront d’agir sans réfléchir en cas d’urgence. C’est le même principe qu’une répétition mentale utilisée dans les formations de premiers secours et de gestion de crise.

À retenir

Atterrissage d’urgence — les réflexes essentiels :

  • ✔ Avant le vol : lire la carte de sécurité, compter les rangées jusqu’aux sorties proches
  • ✔ Si urgence annoncée : écouter le personnel navigant, adopter la position de sécurité
  • ✔ Amerrissage : enfiler le gilet avant l’impact — ne le gonfler qu’une fois à l’extérieur
  • ✔ À l’impact : position de protection, tête protégée, ceinture serrée
  • ✔ Après l’immobilisation : détacher la ceinture, identifier la sortie, évacuer sans bagages
  • ✔ Sur le toboggan : bras croisés, se laisser glisser sans hésiter
  • ✔ Une fois sorti : s’éloigner à au moins 100 mètres, perpendiculairement à l’appareil

Ne pas :

  • ✘ Récupérer ses bagages — jamais, en aucune circonstance
  • ✘ Gonfler le gilet à l’intérieur de la cabine lors d’un amerrissage
  • ✘ Hésiter en haut du toboggan — s’asseoir et se laisser glisser immédiatement
  • ✘ Rester à proximité de l’appareil après évacuation
  • ✘ Utiliser une sortie présentant des flammes ou une chaleur intense

Questions fréquentes

Y a-t-il des places plus sûres dans un avion ?

Les données disponibles sur les accidents aériens survivables ne permettent pas d’identifier une zone systématiquement plus sûre dans tous les types d’accidents — les configurations d’impact varient trop. Certaines analyses suggèrent que les dernières rangées sont statistiquement légèrement mieux protégées lors des impacts frontaux, mais d’autres types d’accidents présentent des patterns différents. Le facteur le plus pratique reste la proximité d’une sortie de secours : moins de cinq rangées d’une sortie est le critère le plus souvent cité par les spécialistes de la sécurité aérienne.

Pourquoi ne faut-il pas gonfler le gilet dans la cabine lors d’un amerrissage ?

Si la cabine se remplit d’eau après un amerrissage — ce qui peut se produire si l’appareil coule partiellement avant l’évacuation complète — un gilet gonflé plaque le passager contre le plafond de la cabine immergée, l’empêchant de nager vers une sortie. Des accidents mortels sont attribuables à ce comportement. Le gilet doit être enfilé avant l’impact mais gonflé uniquement une fois à l’extérieur de l’appareil.

La position de sécurité est-elle vraiment efficace ou aggrave-t-elle les blessures ?

La théorie selon laquelle la position de sécurité aggrave les blessures circule depuis des décennies sans base factuelle sérieuse. Les analyses des accidents aériens survivables conduites par le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) en France, le NTSB aux États-Unis et Transport Canada au Québec confirment de façon constante que cette position réduit les blessures à la tête, au cou et aux membres supérieurs lors d’un impact. Elle est conçue pour absorber les forces de décélération frontale — le type d’impact le plus fréquent lors d’un atterrissage d’urgence.

Que faire si je suis assis loin d’une sortie et que les rangées devant moi bloquent l’accès ?

Lors d’une évacuation, certaines sorties peuvent être condamnées (flammes, obstruction extérieure) et les couloirs peuvent être temporairement encombrés. Rester calme, identifier une sortie alternative — les sorties arrière sont souvent moins encombrées car les passagers tendent à se diriger vers l’avant — et s’y diriger en longeant les dossiers de siège. Maintenir une communication verbale calme avec les passagers environnants contribue à organiser le flux sans aggraver l’encombrement.

Les avions à turbopropulseurs ou les petits appareils régionaux suivent-ils les mêmes règles ?

Les principes généraux s’appliquent — position de sécurité, évacuation rapide sans bagages, distance de l’appareil après sortie. Les spécificités varient : les petits appareils peuvent ne pas être équipés de toboggans d’évacuation (sortie directement au sol ou par les ailes), les gilets de sauvetage sont présents sur les vols survolant l’eau, et les portes d’urgence peuvent avoir des mécanismes différents. La carte de sécurité de chaque vol couvre ces spécificités — c’est précisément pourquoi elle mérite d’être lue même pour un voyageur expérimenté.

Pour aller plus loin

Page pilier

Réagir face aux situations critiques majeures

Les principes universels applicables à toute situation critique — accidents, évacuations, incidents en milieu public.

Article associé

Que faire si votre véhicule tombe dans l’eau ?

La séquence SSCO et les réflexes pour un amerrissage de véhicule terrestre — des parallèles utiles avec le scénario de l’amerrissage aérien.

Article associé

Que faire en cas d’accident d’autobus ?

Évacuation collective, gestion des blessés, sorties de secours — les réflexes pour un autre transport collectif à grande capacité.

Partager cet article
Expert en préparation aux situations d’urgence et résilience citoyenne
Suivre
Mathieu Montaroux est un expert reconnu en préparation aux situations d’urgence, en sécurité civile et en planification d’évacuation au Québec. Fort de ses expériences dans les forces armées, comme paramedic et en tant qu’analyste et gestion de risques, il accompagne depuis plusieurs années les organisations, les familles et les citoyens dans l’amélioration de leur capacité de préparation et de résilience face aux crises. Il est le fondateur de Québec Preppers, une plateforme dédiée à la préparation citoyenne responsable, à l’autonomie fonctionnelle et à la réduction des impacts humains lors de situations d’urgence plausibles. Son approche repose sur la pédagogie, la mise en pratique progressive et l’adaptation au contexte réel, en conformité avec les cadres légaux et les bonnes pratiques en sécurité civile.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire